LES ILES D'OR
de l'île sont pavés, pierres luisantes, imprégnées d'une poussière de diamant ; elles gardent leur fulguration dans les bas-fonds des côtes, sous la « mer d'argent », ainsi qu'on nomme à Porquerolles une baie où l'eau dort sur cette armure d'écaillés brillantes. L'homme demandera un jour à cette terre privilégié les trésors qu'elle recèle ; et le charme de Port-Cros s'évanouira. Il est fait des libres fantaisies de la nature, il réside surtout dans le chaste abandon, le silence, la paix sereine de cette vierge inviolée. Je la compare sans cesse à ces îles des Sporades, restées en dehors des routes maritimes, où je chassais autrefois en compagnie des bergers grecs. A quelques encablures des cercles parisiens transportés sur la Corniche, l'Ile d'Or me rend mes anciennes impressions de liberté errante dans une oasis sans maître. Elle est si bien préservée de toute intrusion banale, si distante de toutes les choses d'habitude !
(Jean <T Agrève.)