‹ Pages choisiesChapitre 85 sur 141 · PORTRAIT DE WILLIAM ARCHIBALD ROBINSON · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE WILLIAM ARCHIBALD ROBINSON

L'homme assis à cette table avait passé la quarantaine. Le type anglo-saxon s'accusait en force sur son visage strictement rasé. Les cheveux d'un blond très pâle, rejetés en arrière, laissaient saillir tous les contours d'une face carrée, volontaire, dont les traits nettement découpés semblaient frappés sans une retouche par le balancier du médailleur. Rien n'aurait marqué l'âge sur une chair rose où la vie jaillissait de sources saines et profondes, si le travail même de cette vie n'eût apparu dans le modelé définitif des lignes. Il n'y restait plus rien de ce devenir des jeunes visages, si attirant pour l'intelligence de l'homme, pour l'amour de la femme, parce qu'il donne la tentation de repétrir une cire malléable, docile encore aux expressions nouvelles qu'on y mettra. Le sceau de la maturité se fait reconnaître à l'on ne sait quoi d'achevé : ce n'est pas encore l'usure, c'est l'immobilisation d'un caractère à jamais fixé. L'Américain en était visiblement à cet apogée de la période vitale. Sa physionomie respirait l'assurance tranquille de ceux qui ont l'habitude d'être obéis : non point l'autorité du pouvoir absolu,

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