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AU CAIRE LA MOSQUÉE D'EL MOUAIYAD

Mme Fianona avait découvert par hasard, au cœur de la vieille ville sarrasine, cet enclos béni d'El Mouaïyad qui n'est plus qu'un souvenir, depuis que les architectes ont pompeusement restauré, autant dire détruit et profané, la ruine charmante où travaillait avant eux la nature. La mosquée, du beau temps des Mameluks, était alors une relique un peu croulante, désertée par les hommes, donnée par le dieu qu'ils oubliaient aux arbres et aux oiseaux. Les moulures dorées, les élégantes arabesques des plafonds s'effritaient, pendaient par places aux caissons de bois délicatement enluminés ; les pierres multicolores et les carreaux d'émail aux grandes fleurs tombaient des revêtements de la muraille entre les colonnes de marbre antique. Mais un bois triomphant, un bois sacré de palmiers, de figuiers, de sycomores, avait grandi entre les dalles déchaussées de la cour : ces arbres ombrageaient la fontaine aux ablutions, se prosternaient sous le vent comme les anciens fidèles, avançaient leurs têtes entre les arcades, au secours des piliers ruineux. La fontaine servait d'abreuvoir à une nuée de tourterelles, aux hiron-

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