‹ Pages choisiesChapitre 107 sur 202 · Idée favorite de Rousseau · texte numérisé non relu

Idée favorite de Rousseau

ce n'est pas l'argent qui rend un

peuple riche, c'est l'abondance des produits du sol. (Voir plus loin, le morceau : l'Argent.)

dont les travaux sont les plaisirs, devienne moins laborieux. Si jamais ils ont plus dargent, ils seront infailliblement plus pauvres : ils ont la sagesse de le sentir, et il y a dans le pays des mines d'or quil n'est pas permis d'exploiter.

Jetais d'abord fort surpris de l'opposition de ces usages avec ceux du Bas-Valais, où, sur la route d'Italie, on rançonne assez durement les passagers; et j'avais peine à concilier dans un même peuple des manières si différentes. Un Valaisan m'en expliqua la raison. Dans la vallée, me dit-il. les étrangers qui passent sont des marchands, et d'autres gens uniquement occupés de leur négoce et de leur gain : il est juste qu'ils nous laissent une partie de leur profit, et nous les traitons comme ils traitent les autres. Mais ici, où nulle affaire n'appelle les étrangers, nous sommes sûrs que leur voyage est désintéressé; l'accueil qu'on leur fait l'est aussi. Ce sont desjiôtes qui nous viennent voir parce qu'ils nous aiment, et nous les recevons avec amitié.

Au reste, ajouta-t-il en souriant, cette hospitalité n'est pas coûteuse, et peu de gens s'avisent d'en profiter. Ah ! je le crois, lui répondis-je. Que ferait-on chez un peuple qui vit pour vivre, non pour gagner ni pour briller? Hommes heureux et dignes de l'être, j'aime à croire qu'il faut vous ressembler en quelque chose pour se plaire au milieu de vous. {Nouvelle Hétûïse, I, xxiii.)

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