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DEBUTS DE JEAN-JACQUES C.0M:\IE COMPOSITEUR

Bientôt Jean-Jacques eut un second accès d'humeur ambulante. Profilant d'une absence i)rolongée de sai)rotectrice, il se met en campat^nc pour tenter la fortune. Cette lois, son ln''ros était un certain A'enture, jeune homme de goûts sans doute un peu plus relevés que l'ami Bâcle (voir p. 25), mais guère plus recommandable, en tout le type du parfait effronté. C'est en voulant l'imiter que Rousseau, par un trait qui ressemble à de la folie, s'attira une humiliation dont il fait l'étonnante narration.

En approchant de Lausanne, je rêvais à la détresse où je me trouvais; aux moyens de m'en tirer sans aller montrer ma misère à ma belle-mère^; et je me comparais dans ce pèlerinage pédestre à mon ami Ventura arrivant à Annecy. Je m'échauffai si bien de cette idée, que, sans songer que je n'avais ni sa gentillesse ni ses talents, je me mis en tête de faire à Lausanne le petit Venture, d'enseigner la musique que je ne savais pas^, et de me dire de Paris, où je n'avais jamais été. En conséquence de ce beau projet, comme il n'y avait point là de maîtrise où je pusse vicarier*, et que d'ailleurs je n'avais garde d'aller me fourrer parmi les gens de l'art, je commençai parm'informer d'une petite auberge où l'on pût être assez bien et à bon marché. On m'enseigna un nommé Perrotet, qui tenait des pensionnaires. Ce Perrotet se trouva être le meilleur homme du monde, et me reçut fort bien. Je lui contai mes petits mensonges comme je les avais arrangés. Il me promit déparier de moi, et de tacher de me procurer des écoliers; il me dit qu'il ne me demanderait de i'argent que quand j'en

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