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De mappa, carte, plan. Seul exeniDlc de ce mot

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entiers sans sorlir. Celte occupation devenant pour moi troj) atlacliante. on était obligé de m'en arraclicr. Il en est ainsi de tous les goûts auxquels je commence à me livrer; ils augmentent, deviennent passion, et bientôt je ne vois plus Vien au monde que Tamusement dont je suis occupé. Làge ne ma pas guéri de ce défaut, et ne Ta pas diminué même ; et maintenant que j'écris ceci, me voilà comme un vieux radoteur engoué d'une autre étude inutile où je n'entends rien^ et que ceux mêmes qui s'y sont livrés dans leur jeunesse sont forcés d'abandonner à l'âge où je la veux commencer. C'était alors qu'elle eût été à sa place. L'occasion était belle, et j'eus quelque tentation d'en i)rofiter. Le contentement que je voyais dans les yeux d'Anet-, revenant chargé de plantes nouvelles, me mit deux ou trois fois sur le point d'herboriser avec lui. Je suis presque assuré cfue si j'y avais été une seule fois, cela m'aurait gagné; et je serais peut-être aujourd'hui un grand botaniste; car je ne connais point d'étude au monde qui s'associe mieux avec mes goûts naturels que celle des plantes; et la vie c|ue je mène depuis dix ans à la campagne n'est guère c{u'une herborisation continuelle, à la vérité sans objet et sans progrès : mais n'ayant alors aucune idée de la botanique, je l'avais prise en une sorte de mépris et même de dégoût ; je ne la regardais cjue comme une étude d'apothicaire. M""^ do Warens, qui l'aimait, n'en faisait pas elle-même un autre usage; elle ne recherchait que les plantes usuelles pour les applic{uer à ses drogues. Ainsi la botanique, la chimie et l'anatomie, confondues dans mon esprit sous le nom de médecine, ne servaient qu'il me fournir des sarcasmes plaisants toute la journée, et à m'attirer des soufflets de temps en temps. D'ailleurs un goût différent et trop contraire à celui-là croissait par degrés, et bientôt absorba tous les autres. Je parle Je la musique, il faut assurément cjue je sois né i)Our

1. L;i Ijol.iiiique. — Passage | 2. Linlendaiil de M"' de \Vaécfil après 17G6. ! rcns.

cet art, puisque j'ai commencé de Taimer dès mon enfance, et qu'il est le seul que j'aie aimé constamment dans tous les temps. Ce qu'il y a d'étonnant est qu'un art pour lequel j'étais né m'ait néanmoins tant coûté de peine à apprendre, et avec des succès si lents^ ({u'après une pratique de toute ma vie, jamais je n'aie pu parvenir à chanter sûrement tout à livre ouvert [Confcssiotis, I, v.)

l'OUROUOI ET COMMENT JEAN-JACOUES AIMAIT LA FRANCE.

Dans celte période féconde (175'2 à 1741), tout est passion à] celte âme naturellement ardente, tout est nourriture à cet] esprit en travail. Le jiassagc d'un régiment français donne | subitement du corps aux sentiments que les livres français i ont obscurément déposés dans son cœur. De là cette belle page, source de plus d'une erreur. On y voit à plein com ment Rousseau mêle toujours le roman à l'histoire, et comment il sera incapable de voir les faits avec d'autres yeux que ceux de l'imagination.

Tandis qu'ainsi partagé entre le travail, le plaisir et l'instruction, je vivais dans le plus doux repos, rEuroi)e n'était pas si tranquille que moi. La France et l'Empereur venaient de s'entre-déclarer la guerre : le roi de Sardaigne était entré dans la querelle et l'armée françoise filait en Piémont pour entrer dans le Milanais. Il en passa une colonne par Chambéri, et entre autres le régiment de Champagne, dont était colonel M. le duc de la Trimouille, auquel je fus présenté, qui me promit beaucoup de choses, et qui sûrement n'a jamais repensé à moi. Notre petit jardin était précisément au haut du faubourg par lequel entraient les troupes, de sorte que je me rassasiais du plaisir d'aller les voir passer, et je me passionnais pour le succès de cette guerre comme s'il m'eût beaucoup intéressé. Jusque-là je ne m'étais pas encore avisé de songer aux affaires publiques; et je me mis à lire les gazettes pour la première l'ois, mais avec une telle partialité pour la France, c|ue le cœur me battait de joie à ses moindres avantages, et

DIOGRAPIIIF,.

que ses revers m'nffligaient comme s'ils fussent tombés sur moi. Si cette folie n'eût été que passagère, je ne (laiîiîfnerais pas en parler; mais elle s'est tellement enrariiH'e dans mon cœur sans aucune raison, que lorsque j'ai fait dans la suite, à Paris, lanlidespote et le fier réiniblicain', je sentais en dépit de moi même une prédilection secrète pour cette même nation que je trouvais servilc et pour ce gouvernement cjue j'affectais de fronder. Ce fju'il y avait de plaisant était qu'ayant honte d'un penchant si contraire à mes maximes, je n'osais l'avouer à personne, et je raillais les Français de leurs défaites, tandis que le cœur m'en saignait plus C|u'à eux. Je suis sûrement le seul qui, vivant chez une nation qui le traitait bien, et qu'il adorait, se soit fait chez elle un faux air de la dédaigner. Enfin ce penchant s'est trouvé si désintéressé de ma part, si fort, si constant, si invincible, que même depuis ma sortie du royaume, depuis que le gouvernement, les magistrats, les auteurs, s'y sont à l'envi déchaînés contre moi, depuis qu'il est devenu du bon air de m'accabler d'injustices et d'outrages, je n'ai pu me guérir de ma folie. Je les aime en dépit de moi, c{uoiqu'ilsme maltraitent. J'ai cherché longtemps la cause de cette partialité, et je n'ai pu la trouver que dans l'occasion qui la vit naître. Un goût croissant pour la littérature m'attachait aux livres français, aux auteurs de ces livres, et au pays de ces auteurs. Au moment même que défilait sous mes yeux l'armée française, je lisais les grands capitaines de Brantôme. J'avais la tête pleine des Clisson, des Bayard, des Lautrec, des Coligny, des Montmorency, des la Trimouille, et je m'affectionnais à leurs descendants comme aux héritiers de leur mérite et de leur courage. A chaque régiment qui passait, je croyais revoir ces fameuses bandes noires- C{ui jadis avaient fait tant d'exploits en Piémont. Enfin j'appliquais à ce

1. Noter 1 aveu . Rousseau était certes • républicain » de nature et d'édiic.Ttion; mais aussi il a voulu lire tel. pour prendre une

altitude; el'ûafaii i'anlidespole, au moins autant qu'il l'a été.

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