Régiments d'inlVmlerie ;i enseiirnes noires
4d lectures choisies de J.-J. ROUSSEAU.
que je voyais les idées que je puisais dans les livres; mes lectures continuées et toujours tirées de la même nation nourrissaient mon affection pour elle, et m'en firent enfin une passion aveugle que rien n'a pu surmonter. J'ai eu dans la suile occasion de remarquer dans mes voyages que cette impression ne m'était j)as particulière, et qu'agissant plus ou moins dans tous les pays sur la partie de la nation qui aimait la lecture et qui cultivait les lettres, elle balançait la haine générale qu'inspire l'air avantageux des Français. Les romans plus que les hommes leur attachent les femmes de tous les pays; leur chefs-d'œuvre dramatiques affectionnent la jeunesse à leurs théâtres. La célébrité de celui de Paris y attire des foules d'étrangers qui en reviennent enthousiastes. Enfin l'excellent goût de leur littérature leur soumet tous les esprits qui en ont: et dans la guerre si malheureuse dont ils sortent ^ j'ai vu leurs auteurs et leurs philosophes soutenir la gloire du nom français ternie par leurs guerriers.
J'étais donc Français ardent...- [Co7i fessions, L v.)