XXXIV INTRODUCTION
coup rCont pas pris garde au sens de s'es paroles qui se sont attardés à les entendre chanter dans la broussaille^ comme on écoute un oiseau. On est parfois tenté de demander comme ce mathématicien^ après l'audition d'une sonate de Beethoven : « Qu'est-ce que cela proui^e? » mais, comme une sonate de Beethoi^en, aussi, — et c'est la supériorité de l'art musical, — cela mérite d'être composé, d'être entendu, d'être répété, d'être murmuré par une infinité de générations dans une minute d'émotion ou de prière, bien que cela ne prouç^e rien.,,.
Voilà ce que fut l'écrivain dont voici des pages choisies. Assurément, beaucoup de ses dons et peut-être les plus précieux se perdent en passant dans une langue étrangère. Mais il reste, avec la spontanéité de l'image, l'ordre et le mouvement mis dans les pensées. Les traductions qu'on va lire sont littérales, passives, sans aucune tentative d'adaptation littéraire au génie de la langue française et le plus souvent sans inversion. Le disciple a suivi, dans sa marche, le pas rythmé du maître et mesuré le volume et la sonorité des mots français, autant que cela fut possible, au volume et à
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la sonorité des mots anglais. L'interprète s'est effacé pour mettre Vautenr et le lecteur face à face. Sans doute, ce face à face est distant; la voix qui parle est lointaine ; les bruits de la vie courante, les niia{^es et les brumes du détroit, les préjugés, les habiludes, les malentendus, qui nous séparent de la Grande-Bretagne, la voilent un peu ; mais elle est de celles qui méritent qu'on prête V oreille au-dessus du bruit des hommes et de la mer. Si voilée qu'elle soit, du moins ce qu'on en percevra est bien elle et rien autre que Vinévitable distance entre les deux pays qu'elle évoque ne viendra en altérer le timbre, ni en affaiblir le son,