LA VILLA DU 0A1WINAL
neaux do ces inonlaf^ncs (îlernelles vi coinmomoratives : Viso, avec les lùrnoifj^naprs iW ses bergers en faveur do l'ancienne foi ; Rocca Melone, le plus haut sommet des pèlerinages al[)ins ; Iseran (jui jeta son linceul do neige autour de la marche d'Annibal; Cenis, qui, do toute la lumière do son glacier, éclaira la descente de Charlemagne; Paradiso qui guetta, de l'autre côte de son sommet, l'aigle français fondant sur Marengo; et, au-dessous de tout cela, gisant dans sa douce langueur, cette tendre llalio engourdie dans les rosées du sommeil ou plus que du sommeil I On no sait si c'est une léthargie dont le matin va dissiper les obscurs brouillards, ou si les beaux fantômes de sa quiétude sont vraiment les ombres d'une mort empourprée. Et, un peu au-dessus de cette plaine solennelle et regardant plus loin qu'elle vers ses remparts de neige, se dresse, sentinelle inutile, ce palais dédié au plaisir (1). La légende entière de rhistoire passée de Tltalie est écrite devant lui par le doigt de Dieu, écrite comme avec une plume de fer sur le roc pour toujours, sur tous ces murs des Alpes pleines de leçons ; blasonnée
(I) La villa du cardinal Maurice de Savoie.
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avec For des éclairs sur les nuées qui, aujourd'hui encore déroulent, puis referment dans les cieux leurs pages descellées; peinte en pourpre et en écarlate sur le grandiose missel du couchant s'ouvrant inutilement, soir après soir, devant les yeux d'un peuple pour lui demander une prière. Ainsi s'élève ce palais du plaisir, désolé comme il le mérite, désolé dans la galerie polie et dans la chambre étincelante, désolé dans la promenade plantée et dans le berceau couvert, désolé dans l'abandon, le pire et le plus amer de tous, celui qui ne laisse aucune lueur de souvenir. Il n'y a point, là, de ruines de murailles rompues par la guerre et tombées sur leurs défenseurs en tertres de tombeaux ; il n'y a, là, aucun reste de l'autel d'une chapelle ou du portail d'un temple, laissés dans le décombre ou le silence par la puissance de quelque culte plus pur ; il n'y a, là, aucun vestige d'un foyer sacré et d'une douce maison familiale demeurée solitaire, par la faute des vicissitudes humaines et d'une douleur envoyée du ciel. Il n'y a, là, que les vaines ostentations de l'orgueil écroulé dans la honte et les vains apanages du plaisir qui ne sont plus plaisants. Les jets d'eau qui, autretrefois^ dansaient et coulaient dans les fontaines