LA VILLA DU CARDINAL
dos jardins, glissent maintenant tristement au travers des herbes qui encombrent leurs bassins, avec une sonorité comme de larmes; les fleurs rampantes, insidieuses, négligées, tressent leurs nids flamboyants autour du marbre blanc des balcons, et, lentement, les disjoignent bloc par bloc, et pierre par pierre ; à chaque souffle de la brise, les sveltes feuilles doucement parfumées tremblent le long des vieilles fentes des murs, comme si elles étaient paralysées ; et les sombres lichens grisâtres et dorés, font les pas silencieux au centre même du chemin.
Et jour par jour, à mesure que je m'y promenais, chaque feuille tremblotante, chaque écho mourant des jardins et des chambres semblait me chuchoter la même sentence : a Ainsi finissent tous les arts de la vie — dans la mort. Et, là, aboutissent tous les dons de l'homme — dans la honte, lorsque les uns sont recherchés et les autres possédés pour le service du seul plaisir. »
Telle est la grande énigme de l'histoire de l'art. Vous ne devez pas chercher l'art sans le^^ plaisir. Et vous ne devez pas le chercher pour le plaisir. Et la solution de cette énigme est simplement ce fait : que partout où l'art a été
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recherche seulement par amour du luxe ou du plaisir, il a contribué et largement contribue à promouvoir la décadence de la nation qui le pratiquait ; mais que partout oii l'art a été employé aussi à enseigner quelque vérité^ ou ce que Ton supposait être une vérité, — religieuse, morale ou naturelle, — il a grandi la nation qui le pratiquait et s'est grandi luimême avec elle.
{Discours d'ouverture à Cambridge.)
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L'abîme de Tair qui enveloppe la terre, entre en union avec la terre à sa surface et avec ses eaux, de telle sorte qu'il semble la causedeleurascensiondansles choses vivantes. D'abord, l'air les échauffe etaussi les ombrage, en maintenant la chaleur des rayons solaires dans son propre corps, mais en atténuant leur puissance avec ses nuages. Il chauffe et rafraîchit à la fois, avec ses échanges de zéphyrs et de gelées, de telle façon que les blanches guirlandes des champs du paysan suisse sont fondues par le rayonnement des rochers de Libye.
Il donne à la mer sa propre force, forme et rempht chaque cellule de son écume, soutient les précipices et dessine les vallées de ses vagues, leur donne l'éclat alors qu'elles se meuvent sous la nuit et le feu blanchâtre à leurs plaines sous le soleil qui se lève; il porte leur voix le long des rochers, porte au-dessus d'elles une écume d'oiseaux, dessine par elles les fossettes des sables qu'aucun pied n'a touchés.
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Il en retire une partie dans le creux de sa main, teint avec cela les collines d'un bleu sombre et leurs glaciers d'un rose mourant^ incruste de saphir, avec cela, le dôme dans lequel il a un nuage à placer ; forme de cela les troupeaux célestes^ les divise, les dénombre, les caresse, les porte dans son sein, les appelle à leurs voyages, veille sur leur repos, nourrit d'eux les ruisseaux qui ne tarissent point et les rosées qui sont intermittentes.
Il brode et tisse leur toison en une tapisserie fantastique, la déchire et la recommence, et voltige et flamboie, et chuchote parmi les fils d'or, les faisant frémir avec un plectre d'un feu étrange qui les traverse et les retraverse et est contenu en eux comme la vie.
Il pénètre dans la surface de la terre, la subjugue^ tombe avec elle en une poussière féconde dont la chair peut être pétrie ; il s'unit dans la rosée à la substance du diamant et devient la feuille verte qui sort du terrain sec; il entre dans les formes séparées de la terre qu'il a tempérée, commande au flux et au reflux du courant de leur vie, remplit leurs membres de sa propre légèreté, mesure leur existence par son impulsion intérieure, moule sur leurs lèvres les mots par lesquels une âme