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LE PAYSAN DU VALAIS

sur une croix, qui meurt, elle aussi, résignée, en cela ils diffèrent des animaux et des pierres, mais en tout cela ils sont sans récompense, autant qu'il s'agit de la vie présente. Pour eux, Fàme n'a ni espoir, ni passion; pour eux il n'est point de progrès ni de joio. Du pain noir, une toile grossière, une nuit sombre, une journée laborieuse, les bras las au coucher du soleil^ — et la vie s'écoule.

— Pas de livres, pas de pensées, pas d'acquis, pas de repos. Pourtant s'asseoir quelquefois un peu au soleil sous le mur de l'église quand la cloche jette ses sons aigrelets au loin dans l'air de la montagne, marmotter quelques prières incomprises contre la table de communion de la chapelle aux dorures ternies, puis revenir vers la sombre demeure en sentant toujours au-dessus de leurs têtes le nuage qui ne s'est pas dissipé, ce nuage d'une tristesse montagneuse, né des torrents sauvages et des pierres brisées, et ne recevoir d'autre lumière, même dans leur religion, que la vague promesse de quelque meilleure chose inconnue, mêlée de menace et assombrie d'une indicible horreur, jusqu'au crucifix marqué, plus profondément pour eux que pour d'autres, par des gouttes de sang.

(Les Peintres modernes,)

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