VOIS EAU ET LE SEBPENT
auquel des plumes ont donné une forme; l'air est dans toutes ses plumes; il respire par toute sa charpente et sa chair et s'embrase avec Tair dans son vol comme une flamme insufflée; il repose sur l'air, le subjugue, le dépasse, le surpasse; il est Tair lui-même devenu conscient, se conquérant lui-même, se gouvernant lui-même.
Au gosier de l'oiseau est donnée la voix même <ie Tair. Tout ce qui, dans le vent, est faible, déréglé, d'une vaine douceur, est fondu dans son chant. De même que nous pouvons imaginer la forme fantastique du nuage disciplinée jusqu'à devenir la forme parfaite des ailes de l'oiseau, de même la voix sauvage du nuage se transforme chez lui en un chant mesuré et discipliné. Infatigable, il murmure dans sa joie à travers le ciel clair; il interprète toute passion intense durant les douces nuits de printemps ; il s'échauffe jusqu'à l'acclamation et à l'extase d'un chœur au lever du jour; il chuchote parmi les branches et les haies à la chaleur du jour : tels des vents légers à peine capables de mettre en branle les clochettes des primeroles et d'ébouriffer les pétales des roses sauvages.
Pareillement, sur les plumes de l'oiseau
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sont posées les couleurs de l'air ; sur elles, l'or de la nue qu'aucune convoitise ne peut ramasser, les rubis des nues qui ne sont pas le prix d'Athéna, mais qui sont Athéna, le vermillon de la barre de la nuée et la flamme de ses cimiers et la neige du nuage et son ombre et le bleu liquide des sources profondes du firmament — toutes ces couleurs saisies par l'esprit créateur et tissées par Athéna ellemême en des filaments et des broderies de plumes, avec vague sur vague, se suivant et s'ëvanouissant le long de la poitrine et de la gorge et des ailes ouvertes, infinies comme la division de l'écume et du sable de la mer et même le blanc duvet du nuage semblant flotter entre les plumes plus fortes, nuée visible mais impalpable... Ainsi l'Esprit de l'Air est insufflé dans et sur cette forme créée et celle-ci devient, à travers vingt siècles, le symbole de l'assistance divine, qui descend comme le Feu pour parler, mais comme la Colombe pour bénir.
Maintenant, avec le serpent, nous remontons à la source d'un groupe de mythes universels, fondés sur des instincts humains, très grands et très généraux. Quand on cherche à interpréter les mythes inventés par les hommes, il