‹ Pages choisiesChapitre 85 sur 113 · LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ

cet affranchissement des passions ou vraie libertin. Et elle ajla couronne de fleurs de lys et le bouclier de Guillaume le Conr|u«'rant. De plus, cette (igure de haute naissance a son nom ëcrit à côte d'elle, en latin. Si c'avait ëté en grec, c'eût été àXeuOepfa ; étant en hitin, que pensez-vous que ce fut nécessairement? Naturellement libcrtas. M. Didron y est allé, mais n'a rien compris à cet anachronisme, étant un Français moderne, c'est-à-dire d'une nation pour laquelle les idées latines et gothiques de libertas ont entièrement disparu. Il examine ce mot libertas à travers ses lunettes ; il ne peut comprendre, étant un excellent antiquaire, comment une telle vertu ou un tel privilège peuvent être honnêtement sculptés sous l'approbation du pouvoir en plein xn* siècle ; — il frotte ses besicles, — il frotte l'inscription pour s'assurer de chaque lettre et, à la fin, quoique tombé dans un grand trouble d'esprit, il reste convaincu qu'il y a là une sculpture de la Liberté ! — au xn'' siècle ! — c'est bien la Liberté : — on lit parfaitement libertas !

Oui, c'estlaliberté sainte, c'estlaFranchise — c'est la (( Débonnaireté » que vous voyez dans la Chambre peinte de Westminster, c'est le

202 PAGES CHOISIES DE RU S Kl N

type de la Diana Vernon (1) de Walter Scott, c'est la liberté qui fit grands les peuples qui la comprirent; mais elle diffère de la nôtre. Et ce que Diana Vernon est à une ballerine dansant le cancan, la libertas de Chartres ou de Westminster Testa la libertas de M. Victor Hugo ou de M. Stuart Mill.

(Le Val d'Arno.)

(l ) Héroïne charmante du roman de Walter Scott, " Rob Roy ",

Page 1