A QUOI JOUENT LES ANGLAIS
VOUS lipfurez()iu^ c'est une cilëdc travail? Allons donc! pas une rue I C'est uneg^rande ville dejeu, de jeu acharné, nnais de jeu quand nnêincIC'est le terrain de crickc^t de Lord, moins le gazon: une ininiense table do billard sans drap, aux bourses aussi profondes (|ue l'insondable abîme; mais rien qu'une table de billard, après tout !
Eh bien 1 voici donc le premier grand jeu anglais : jouer au comptoir. Il diffère des autres en ce qu'il semble toujours produire de l'argent, tandis que tout autre jeu est coûteux. Mais il ne produit pas toujours de l'argent. C'est tout autre chose de « gagner » de l'argent que d'en « faire » ; tout autre chose de le faire passer de la poche du voisin dans la nôtre que de remplir l'une et l'autre.
Viennent ensuite, parmi nos grands jeux anglais, la chasse à courre et à tir, extrêmement coûteux. Je n'essaierai pas de faire le compte de ce qu'ils nous coûtent chaque année en terres, chevaux, garde-chasse, et en effets démoralisateurs sur nous-mêmes, nos enfants et notre personnel. Remarquez seulement que, hormis l'exercice, ce jeu n'est pas simplement inutile ; il est mortel à tout ce qu'il touche. Les courses de chevaux nous valent les nombreuses
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variétés de ce que les classes élevées appellent partout le « jeu » par opposition aux autres jeux, c'est-à-dire le risque d'argent. Et la protection du gibier nous vaut de bizarres aménagements du sol ; je veux dire cette merveilleuse répartition du gîte et du couvert entre l'homme et la bête qui nous permet d'avoir de la grouse et du coq de bruyère, — tant de couples par aire ; de l'homme et de la femme, — tant de couples par taudis. Je me demande souvent ce que les architectes et arpenteurs célestes, les architectes célestes qui bâtissent les « nombreuses demeures » de là-haut et les arpenteurs célestes qui ont mesuré la grande cité quadrangulaire avec leurs baguettes d'or, je me demande ce qu'ils pensent ou ce qu'on peut supposer qu'ils pensent de l'aménagement du sol dans notre paysl
A côté du jeu de la chasse, pour les messieurs, il faut nous mettre celui de la toilette pour les dames. Ce n'est pas le moins coûteux des plaisirs. Je voudrais pouvoir vous dire ce que coûte ce « jeu » chaque année, tout compte fait, en Angleterre, en France et en Russie. Mais c'est un joli jeu et, dans certaines limites, je l'approuve; bien plus, je ne vois pas qu'on
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y joue loul à fait auLant (jue j(3 le voudrais. Vous aimez, mesdames, à dirijjer la Modo: dirigez-la de tout votre pouvoir, dirigez-la complètement, dirigez-la jusqu'au bout I Faites de la toilette pour vous-mêmes et faites de la toilette pour les autres. Faites les modes pour les pauvres d'abord; faites qu'ils soient beaux, eux d'abord ; et vous-mêmes, ensuite, vous paraîtrez plus belles d'une façon dont vous n'avez pas idée maintenant. Les modes que vous avez répandues depuis quelque temps parmi vos paysans ne sont pas trop jolies: leurs pourpoints sont taillés trop irrégulièrement ou, comme Chaucer les appelle, « tout tailladés», quoique non (( pour la gentillesse », et le vent souffle trop librement au travers.
(La Cou7'07i7ie d'Olivier sauvage,)