XIII
IlfGO 1). BAIIBAGELATA.
soutenu adhère toujours aux parois du vase ; la liqueur nouvelle que Von y verse sen imprègne, et autant de fois change la liqueur, autant de fois îlu parfum nouveau se mcle au propre arome de celui qui, le premier, y fut servi » ? En outre, il devenait de plus en plus humain et^ sans le chercher, après avoir conquis tout le public de l'Aînérique espagnole et une partie de celui de VEspagnc même, il allait occuper une place entre les docteurs de la pensée universelle quand la mort, dont il se plaisaJt à parler dans les derniers temps, vint nous le ravir à Palerme, dans cette belle Italie pleine de souvenirs de la Renaissance qii il aima tant.
Laissons de côté ses campagnes politiques et cette vie de journaliste dans laqtielle il est entré, parce « dans un pays comme le nôtre, être écrivain et n'avoir pas été, fût-ce accidentellement journaliste, constitue non pas un titre de supériorité ou de distinction, mais bien un brevet d'égoïsme ». Arrivons à la dernière de ses œuvres. Elle est comme l'inventaire des créations niultiples ci'un auteur qui ne se contente point de prêcher faction par la parole mais se donne liLi-niême en ¿?;ci'mj{)/c. El Mirador de Próspero, cest son titre. Trois études admirables sur Bolivar, sur Alontalvo et sur Judn Maria Giitiérre^i. ressortent parmi d'autres qui, pour être de npoindre importance, n'en sont pas moins pro fondes, telle celle qu'il consacre à Idola Fori, œuvre du malheureux écrivain colombien Carlos Arturo Torres ; tel son discours à l auteur de Thaïs, en qui il voyait « l'esprit fascinateur de la Fr atice, la suprême cfilorescence de cette âme latine qui veille, à travers les siècles, sur le monde, pour maintenir bien au-dessus des débordements de la force et des platitudes de Vutilitarisme V auguste doctrine de l'idéal désintéressé ».
Si Rodó ne détesta pas le moi èi la façon de Pascal, il