XII
PREFACIO.
et chaque fois meilleurs ». Cette œuvre, sans doute protéiste, oii la profondeur du concept s'allie à un style sévèrement châtié, se refuse à toute analyse. Il suffit de conseiller la lecture de quelques-unes de ses paraboles — que nous reproduisons — et de quelques-uns de ses chapitres, ceux sur la Vocation personnelle, sur le Dilettantisme, sur les voyages, entre autres. L'expérience et VérU' dition, la science puisée dans les livres et V exemple de la vie quotidienne einplissent, en se mêlant, quatre cent cinquante pages brillantes, philosophiques et littéraires.
Peut-être pourra-t-on accuser V auteur de ce livre d^ offrir trop d' optimisme à des sociétés en formation, rongéesd'anarchie et de politique, oïl les audaces sont en surnombre. Peut-être V accuser a-t-on de ne jamais s'arrêter devant le Doute, de n'être pas toujoîirs original en ses conseils. Personne n'osera nier que les 3Iotivos de Proteo exercent une influence bienheureuse sur Vélite de V Amérique latine, sur cette élite, à laquelle Rodó deíuande de guider sur le chemin des grandeurs futures « les groupements et les peuples qui sont autre chose que des foules ». S'il a exagéré l'amoîir que nos jeunes nations doivent à l'idéal, c'était dans la crainte de nous voir aveuglés par les éblouissants mirages de notre colossal voisin du Nord ; si, parfois, il emprunte les idées des autres., c'est pour les interpréter à sa façon et nous les faire goûter à sa manière. Son « se renouveler, c'est vivre » avec lequel commence ses Motivos, il l'a pris dans les Fragments d'un journal intime d'Amiel, il le remania, l'amplifia et l'appliqua ci sa thèse, de même qu'il amplifiait les idées de Renan., de Guyau ou d' Emerson en bien des pages des dits motifs, tout en les ^nêlant à des pensées essentiellement personnelles. N'est-ce pas là encore une des conclusions possibles de son aphorisme : « L'essence du premier