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LA STATUE DE VOLTAIRE

rateurs de Voltaire, n'ont jamais rien lu : ni leurs propres auteurs, quasi unanimes à traiter Voltaire de misérable et de scélérat ; ni Voltaire lui-même, qu'ils eussent regardé comme un aristocrate à guillotiner au plus vite, et qui les eût considérés comme des drôles à faire rouer au plus tôt.

Car il était sans estime pour ce que nous appelons la presse : « La canaille immense des écrivains subalternes... Les feuilles volantes, peste de la littérature... La canaille de la littérature, plus insolente et plus dangereuse que la canaille des halles... Les polissons qui, de ■ leur grenier, gouvernent le monde avec leur écritoire... La canaille littéraire, ce que je connais de plus abjeci au monde, etc., etc. » C'est ainsi que Voltaire traitait les auteurs des feuilles volantes. Et encore en ce tempslà, il n'y avait ni tant de feuilles volantes, ni si peu d'orthographe, et moins de couteaux.

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