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LA STATUE DE ROUSSEAU A GENÈVE

Après avoir traversé un petit pont de fer qui ployait sous la foule, nous nous trouvâmes au centre de la fôte genevoise, dans un îlot planté d'arbres, au milieu duquel se voyait une statue, de bronze, en toge romaine, assise sur la chaise curule.

Nous étant approchés, nous ne pûmes, malgré le respect que devait inspirer la circonstance, nous empêcher de bien rire ; c'était la statue du philosophe de Genève ! Ces braves gens fêtaient saint Jean-Jacques Rousseau.

Du reste, la chose n'était pas somptueuse. Une guirlande de godets supportant une étoile en verre de couleur ; quatre couronnes de fleurs fanées, pendues aux angles du piédestal ; un cercle de lampions qui commençaient à entourer l'image du grand homme d'un encens et d'une lumière dignes de lui. Quelques barques sur le lac, chargées de musiciens qui n'avaient pas même l'esprit de jouer les airs du Devin du village ; dans le lointain, un cabaret illuminé sans profusion de fusées pour divertir la canaille. La splendeur de la fêle consistait principalement dans le concours du public, et, de fait, nous vîmes bon nombre de dames genevoises, beaucoup de bourgeois qui conduisaient là leurs enfants,

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