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DE M. SAINTE-BEUVE

disent que M. Sainte-Beuve a le droit de manger et de servir de la viande tous les jours de la semaine, même le Vendredi-Saint. Sans doute, légalement, et nous ne l'avons pas contesté. Si M. Sainte-Ekuve avait commis un délit qualifié, nous eussions certainement pris le parti de n'en point parler, puisqu'il y a des juges pour ces sortes de cas. Mais nous ne reprochons pas à M. Sainte-Beuve un délit, nous lui reprochons une grossièreté.

Il n'a pas lésé la loi, il a lésé les convenances. M. Villemot, aidé de son jeune homme, excuse et même admire ce qui lui semble un acte hardi et peut-être opportun de libre-penseur. C'est tout simple à son point de vue. Nous blâmons, et même nous sifllons ce qui nous semble une fanfaronnade d'anti-christianisme très malséante de la part d'un homme constitué en réputation et en dignité. A notre point de vue, c'est tout simple aussi, et nous croyons que ni M. Villemot, ni le jeune homme, ni le sénateur, ni personne n'a rien à dire contre un exercice si légitime du droit de discussion.

Les apparences sont que M. Sainte-Beuve, malade il y a quelque temps, a voulu donner de ses nouvelles et payer de sa personne. Qu'il paye! S'il a fait gras pour sa santé et pour celle de ses amis, il le dira, et nous ne tirerons plus à cette robe de saucisson qui ne sera plus un drapeau.

M. Villemot peut voir avec quel soin nous nous efforçons d'augmenter ses connaissances et de perfectionner sa logique. C'est une preuve de l'estime que nous faisons de son talent. 11 aurait aisément la raison droite, l'expression gaie, un excellent penchant à la vénération; ces dons sont très précieux. Mais il lui manque des lunettes mieux frottées. Nous espérons le convaincre

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