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X INTRODUCTION

libéralisme qu'il a tant raillé, défendre aujourd'hui si résolument la liberté religieuse, flétrir si courageusement la tyrannie laïque et l'intolérance incrédule? N'estce pas déjà, pour son compte, la réalisation du mot prophétique que M. Aynard jetait à l' Extrême-Gauche de la Chambre : « Vous serez heureux de nous avoir avec vous, le jour où vous serez vaincus. » Que dirait surtout l'adversaire de Buloz, s'il voyait sa grande ennemie, l'incrédule Revue des Deux Mondes, dirigée par un catholique ami du pape, transformée en revue chrétienne, presque sœur du Correspondant, et où ni Havet, ni Renan, ni Quinet, ne pourraient plus écrire? Le cas des Débats, journal militant, est plus significatif encore. On comprendra que cette tardive réconciliation d'opinions, pour la défense d'idées devenues communes, nous ait fait un devoir de passer sous silence dans ce recueil les nombreuses attaques de Veuillot contre les rédacteurs du journal libéral, qui d'ailleurs ne lui gardaient pas rancune, s'il faut en croire le mot généreux de M. Rémusat, si souvent pris à partie : « Malgré tout, ce diable de Veuillot a tant de talent, que, s'il se présentait à l'Académie, je voterais pour lui. »

Ceux qui accusent de contradictions la conduite politique de ^'euillot lui ont reproché une phrase qu'il n'a pas écrite : « Vos principes, aurait-il dit aux républicains, vous font un devoir de nous donner la liberté, et nos principes nous font un devoir de vous la refuser. » La formule ne fut point si nette. Veuillot s'en est souvent expliqué, notamment dans un passage des Odeurs de Paris, qui résume son opinion : « Nous ne voulons, écrit-il, donner à la liberté ni les mêmes droits ni les

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