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SUR LORD BYRON

Ravenne est pleine de sa mémoire ; on montre à Pise le palais qu'il habita ; tous les gondoliers de Venise l'ont conduit au Lido : cela ne laisse pas de faire plaisir aux voyageurs. Les récents échappés du collège soupirent, les artistes frappent d'un brusque mouvement leurs fronts sublimes, les auteurs prennent des airs enflammés ; il en résulte beaucoup de tirades. Gloire à toi, Byron, type radieux des amants de l'idéal, prophète, génie, ange, démon, etc.

Voulez-vous que nous en causions aussi quelque peu ? Et pour commencer franchement, l'admirez-vous encore ? Je fus, pour mon compte, grandement de ses admirateurs autrefois. A présent, le poète me paraît médiocre, et le personnage encore plus. J'en connais seulement, il est vrai, ce que les traducteurs et les biographes m'en ont fait voir ; mais c'est là-dessus que je l'estimais.

C'est un pauvre mérite, après tout, que celui du scandale, et ce mérite a été trop largement compté k lord Byron. Il entre pour beaucoup dans sa gloire d'avoir audacieusement injurié son pays, et, par ses récits autant que par ses actes, d'avoir refusé, à ce qu'on

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