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nir, tantôt regardant le passé ». Ce flieii nous paraît simple avec sa tète double. S'il n'avait pas l'esprit de voira la fois l'avenir et le passé, que faisait-il de ses deux visages ? Un seul suffisait en le tournant à propos. Mais M. Etienne ne dit pas toujours les choses comme il les comprend.
Son idée est qu'en ce moment l'ulopie de socialiste est devenue chrétienne, et que les partisans de la loi agraire ont cédé la place à M. l'abbé Gaume, et peutêtre ont pris eux-mêmes parti contre les classiques païens. La chose est de conséquence ; il prie qu'on y fasse bien attention.
(( Qu'arriverait-il si, par hasard, l'utopie avait changé de face? Si elle était comme le dieu Janus, une tête à deux visages, tantôt regardant l'avenir, tantôt regardant le passé? Durant quelques années, les esprits crédules ont cherché l'âge d'or dans l'avenir ; de bonne foi, n'y en a-t-il pas aujourd'hui qui, fatigués de leur vain effort, mais non détrompés de leur chimère, le cherchent dans le passé ? Cette chimère nouvelle est beaucoup plus innocente que l'autre, je le reconnais. Quelle qu'elle soit, elle a pris naissance dans le sentiment religieux ; blâmons ses excès, mais gardons-nous d'en rire; ne ménageons pas l'erreur, mais conservons toute espèce de respect pour l'intention. »
« On me pardonnerait sans doute, dit-il, d'embrasser la cause d'iïomère et de Virgile, de Démosthène et de Cicéron ; Ton ne me ferait pas un grave reproche d'avoir voulu montrer qu'en expliquant les classiques à mes élèves, je n'ai pas été un professeur de paganisme. Je ne le ferai pas. »
L'aimable style! Cependant M. Etienne est encore plus merveilleux dans la transition que dans la comparaison. Tout de suite après ce qu'on vient délire, il
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s'écrie à brûle-pourpoint : u Vous devinez, Messieurs, que je veux parler de la restauration du moyen âge! » On le croyait encore loin : il est arrivé.
Il ne prend que le temps de faire sa génuflexion devant la Renaissance.
Pourquoi donc? Nous regrettons fort que M. Etienne s'éloigne de ce terrain. Non seulement nous lui pardonnerions (( d'embrasser la cause » des classiques, mais il nous ferait plaisir. S'il a quelque chose à dire làdessus, nos colonnes lui sont ouvertes. Une apologie de sa façon ne peut être qu'à notre gré. En attendant, régalons-nous de son premier coup de lance contre le moyen âge :
(( Retourner au moyen âge ! Quand on entend ces paroles. Messieurs, ne semble-t-il pas que tout va changer de face, qu'une teinte sombre et triste se va répandre sur tous les objets? Ne semble-t-il pas que nos villes, où l'on entre nuit et jour, se vont enfermer dans des remparts? Que nos rues larges et spacieuses, ouvertes à la confiance publique, comme elles le sont à l'air et au soleil, vont être rétrécies en défilés dangereux, et coupées aux deux bouts par des chaînes, pour se préserver des attaques nocturnes ? Ne semble-t-il pas que ces maisons commodes et bien aérées, où la richesse et le luxe ne craignent pas de se montrer, se vont changer en bicoques, en masures noires et pauvres, où le marchand enrichi cache ses trésors pour ne pas tenter l'avidité du seigneur et du soldat ? Ne semble-t-il pas que ces villas délicieuses où le riche et le puissant viennent chercher le repos, se vont transformer en châteaux forts; qu'on va creuser autour d'elles un fossé, et que le maître désormais n'y pourra dormir, si une garde fidèle ne veille en haut du donjon. J'écarte ces tristes images ; personne n'a réclamé, jusqu'ici, les
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châteaux gothiques, les maisons de bois, le guet et le couvre-feu. Essayons seulement d'emprunter au moyen âge son enseignement et sa littérature, et laissons-lui le reste, si cela est possible. »
La vérité est que M. Etienne, professeur de rhétorique, ne possède pas les premiers éléments de l'art d'écrire, fort essentiel à l'art de raisonner. Jamais il ne rencontre le mot propre ; il n'a ni nombre, ni élégance, ni syntaxe, et ce discours d'apparat n'est pas seulement un chef-d'œuvre de platitude, la grammaire même y fait défaut.
Pour en convaincre M. Etienne, nous voulons reproduire un de ses paragraphes les plus polis, où il compare bizarrement l'Université à la tour de Pise ; et nous mettrons en regard la version corrigée, telle à peu près que l'auraient faite « ses camarades de l'enseignement public », s'il avait eu la bonne inspiration d'en consulter quelques-uns qui fussent capables de lui rendre ce bon office.
Quand on traverse la ville Le voyageur, qui trade Pise, parmi les tours qu'elle verse Pise, y voit une tour renferme en ses murs, il en dont le premier aspect le est une qui^ d'abord, vous frappe de surprise et même frappe de surprise et même d'épouvante. Elle est inclid'etfroi ; elle est inclinée d'un née et il semble qu'elle va côté ; elle menace à tout mo- tomber, écrasant de ses ment de s'écrouler et d'acca- débris tout ce qui s'élève à bler dans sa chute ceux qui ses pieds et tout ce qui vivent sous son ombre et à passe son ombre. On l'apses pieds. On l'appelle la Tour pelle la Tour penchée. L'Upenchée. Pourquoi ne le di- niversité ressemble à cette rais-je pas. Messieurs? il y a tour. Cependant la Tour des personnes à qui le corps penchée ne tombe pas. enseignant produit rcfTet de Depuis des siècles, elle voit cette tour qui penche. Gcpen- passer les nuages et la fondant, cette tour de Pise ne dre, toujours penchée, tou-
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