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XVI INTRODUCTION

Littérature ou politique militante, ce qui distingue la prose de Veuillot, répétons-le, c'est le tour classique. On n'a qu'à ouvrir son œuvre au hasard, pour le constater : « Ils sont naturellement bêtes et leur fureur tourne contre leur dessein, car elles les sortent de l'indifférence et les contraignent à une sorte de vie infiniment moins redoutable pour vous que cette mort de l'indifférence dont les miasmes vous asphixiaient. » Et ceci : a Jusqu'à présent, je n'ai pas aperçu qu'il aimât particulièrement le mal ni qu'il fût sans lecture. » Ou encore : « L'aversion contre les couvents ne dispense pas de toute justice ceux qui veulent s'en exprimer publiquement. )) (( Les chrétiens qui ont entrepris de moraliser le théâtre ont bientôt connu qu'ils poursuivaient une chimère. » Et encore : « J'ai pu ne savoir pas me rendre agréable ; mais je suis assuré de n'avoir rien opposé qui ne méritât l'attachement d'un cœur bien fait et la créance d'un bon esprit », etc. C'est le ton ordinaire de Veuillot. Dix lignes suffisent à le trahir. Son style extrêmement pur est partout frappé au coin du grand siècle.

L'auteur des Libres-Penseurs est donc un classique et un classique très convaincu. Son âpre talent se fût mal accommodé du mensonge romantique. La qualité de sa doctrine devait invinciblement le ramener aux belles traditions françaises. Ces traditions, il les adopta sans excès et il les respecta sans aveuglement. Il rejeta même une partie des préjugés du XYIII^ siècle en faveur des auteurs exclusivement païens. En proposant son avis sur les questions des réformes à apporter dans l'enseignement des collèges libres et des séminaires, Veuillot

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