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LA RÉVOLUTION DE

princesse, de cette mère, tout a manqué de dignité, tout a manqué de courage. Si les gens du peuple avaient entraîné l'enfant royal et sa mère pour les jeter à la Seine, eût-on essayé de les sauver ?

« Au milieu d'un tohu-bohu indigne, Lamartine, Crémieux et quelques autres ont proclamé, fait et défait ce qu'ils ont voulu, d'accord avec le peuple souverain que je viens de te décrire. Nous allons voir de belles lâchetés ! Enfin, après quelques heures de vacarme, il n'y avait plus ni roi, ni prince royal, ni régent, ni régente, ni charte, ni chambre. Voilà comment finit un gouvernement constitutionnel.

(( Je quittai la salle, abîmé dans des réflexions qui ne me permettaient plus de voir ce qui se passait autour de moi. Spectateur assidu, depuis plusieurs années, des débats parlementaires, j'avais souvent emporté des séances de la chambre élective les plus douloureuses émotions, prévoyant une fin, mais pas si prompte, ni telle.

(( Là résidait le vrai Pouvoir. 11 était intelligent et indigne. Quelles passions égoïstes, ignorantes, brutales, ennemies les unes des autres, s'accordaient dans cette salle pour accabler les idée généreuses!

(( Là j'ai vu, le 3 mai i8/i5, toute la gauche, ameutée par Thiers, emporter sans combat un vote de proscription contre les Jésuites. C'est ainsi qu'ils avaient célébré la fête du Roi. Et pourquoi, grand Dieu! Qui demandait, en France, que ces religieux fussent proscrits ? M. Thiers voulait rajeunir sa popularité. Il avait besoin des éloges de Suc, de Qui net, de Michelet ; il aspirait à devenir le héros de l'Université voltairienne. Le ministère était honteux de cette lâcheté méchante; il n'osa point s'y opposer. 11 n'eut pas le courage de venir déclarer que les Jésuites ne faisaient aucun mal, qu'il

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