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ELOGE DE DU FA Y

premiers magislnils do Paris, qu'on lient loutes les semaines chez le premier président. Là, il (''tait consulté sur plusieurs choses qui intéressaient le public, et pouvaient se trouver comprises dans la variété de ses connaissances. Il était presque le seul qui, quoique étranger à ces respectables assemblées, y fut ordinairement appelé.

Son dernier travail pour l'Académie, qui, quoiqu'il ne soit pas entièrement fini, est en état d'ôtre annoncé ici, et peut-être publié, a été sur le cristal de roche et celui d'Islande. Ces cristaux, ainsi que plusieurs autres pierres transparentes, ont une double réfraction qui a été reconnue de Bartholin, Huyghens et Newton, et dont ils ont taché de trouver la mesure et d'expliquer la cause. Mais ni leurs mesures ne sont exactes, ni leurs explications exemptes de grandes difficultés. Il était arrivé par un grand nombre d'expériences à une mesure juste, et à des faits généraux, qui du moins pouvaient tenir lieu de principes, en attendant la première cause physique encore plus générale.

Il avait découvert, par exemple, que toutes les pierres transparentes dont les angles sont droits, n'ont qu'une seule réfraction; et que toutes celles dont les angles ne sont pas droits, en ont une double, dont la mesure dépend de linclination de leurs angles.

II tomba malade au mois de juillet dernier, et dès qu'on s'aperçut que c'était la petite vérole, il ne voulut point attendre qu'on vînt avec des tours préparés lui parler de la mort sans en prononcer le nom ; il s'y condamna lui-môme pour plus de sûreté, et demanda courageusement ses sacrements, qu'il reçut avec une entière connaissance.

Il fit son testament, dont c était presque une partie qu'une lettre qu'il écrivait à M. de Maurepas, pour

lui indiquer celui qu'il croyait le plus propre à lui succéder dans l'intendance du Jardin Royal. Il le prenait dans l'Académie des Sciences à laquelle il souhaitait que cette place fût toujours unie ; et le choix de Buffon qu'il proposait était si bon, que le roi n'en a pas voulu faire d'autre.

Il mourut le 16 juillet, après six ou sept jours de maladie.

Par son testament il donne au Jardin Royal une collection de pierres précieuses, qui fera partie d'un grand cabinet d'histoire naturelle, dont il était presque le premier auteur, tant il lui avait procuré par ses soins d'augmentations et d'embellissements. Il obtint même que le roi fit transporter ses coquilles.

L'exécuteur testamentaire, choisi par Du Fay, est Hellot, chimiste de cette académie. Toujours le Jardin Royal, toujours l'Académie, autant qu'il élait possible.

Mais ce qu'il y a de plus remarquable dans son testament, c'est d'avoir fait madame sa mère sa légataire universelle. Jamais sa tendresse pour elle ne s'était démentie. Ils n'avaient point discuté juridiquement leurs droits réciproques, ni fait de partages; ce qui convenait à l'un lui appartenait, et l'autre en était sincèrement persuadé. Quoique ce fils si occupé eût besoin de divertissement, quoiqu'il les aimât, quoique le monde où il était fort répandu lui en offrît de toutes les espèces, il ne manquait presque jamais de finir ses journées par aller tenir compagnie à sa mère avec le petit nombre de personnes qu'elle s'était choisies. Il est vrai, car il ne faut rien outrer, que les gens naturellement doux et gais, comme il était, n'ont pas besoin de plaisirs si vifs. Mais ne court-on pas souvent à ces plaisirs-là sans en avoir besoin, et par la seule raison que d'autres y courent? La raison du devoiretde l'amitié, plus puissante sur lui, le retenait.

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