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SAINT-DIE OU LE « TROU DE LA MORT

27 octobre 1914.

Jusqu'ici le récit de mon voyage nous a menés à Belfort, à Épinal, deux places que leurs forts et l'activité savante de leurs gouverneurs rendent imprenables (en sorte que les jeunes officiers se désolent d'y passer des jours paisibles), et quand nous sommes allés jusqu'à Charmes, ami lecteur, c'était la rive gauche de la Moselle où les Allemands n'ont pas pu mettre le pied. Maintenant, si vous voulez me suivre, nous allons parcourir les parties de la Lorraine où a passé le flot envahisseur et qui nous offrent un double spectacle inouï, un contraste admirable d'anéantissement matériel et de force morale.

C'est un malin que par les vallées trempées de brouillard je suis allé d'Epinal à Saint-Dié, ville ouverte que les Allemands trouvent spirituel de bombarder un peu chaque jour.

Route charmante, spectacle égayant d'un petit lac où une demi-douzaine de braves gens, bien enfouis sous leurs cabans, et assis sur leurs pliants, avec un sérieux imperturbable, pèchent 4 la ligne, au son du canon ! Mais à partir de Rouge ville, et quand nous approchons du gracieux cirque fores-

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