‹ Pages choisies; notice sur la vie et la doctrine de Comte et commentaires reliant les divers morceauxChapitre 7 sur 46 · NOTICE STTB AUGUSTE COMTE · texte numérisé non relu

NOTICE STTB AUGUSTE COMTE

mais dès le début le positivisme était imprégné d'altruïsme et tendait à l'élaboration du bonheur humain. S'il mêle constamment à sa pensée philosophique le nom de M™® de Vaux et les circonstances de sa passion, il y est poussé par son esprit de système et son habitude, dès longtemps contractée, d'intégrer sa vie dans la philosophie. Depuis sa crise de 1838, il s'isole intellectuellement, ne lit plus rien ; en outre, il cherche à supprimer en lui tout ce qu'il y a d'égoiste, et à ne vivre que pour sa mission sociale et l'élaboration de sa pensée (1) ; il juge toutes choses en fonction de son système. Ainsi, au début de la Préface personnelle du Cours (t. VI), il annonce, qu'en appelant l'attention sur son existence privée, il s'efforcera « de caractériser, autant que possible, son intime connexité avec l'état général de la raison humaine au xix^ siècle » ; et dans le même écrit, pour faire le dénombrement de ses ennemis, il cherche à se situer par rapport « aux trois influences générales, théologique, métaphysique et scientifique, qui se partagent encore l'empire intellectuel ». Quand sa double révocation l'oblige à vivre du subside positiviste, il se félicite d'un événement qui le pousse « vers le mode d'existence qui convient le mieux à [sa] principale mission », et lorsque son projet d'une Revue occidentale, trois fois repris par lui, échoue, il se persuade que « le triple avortcment d'un projet empirique, au lieu d'indiquer une vicieuse indifférence, provenait surtout d'un secret instinct de son incompatibilité naturelle avec l'esprit et le but du positivisme (2) ». Quoi d'étonnant, après cela, qu'il ait intégré tout son amour à son système et qu'il ait même demandé, par testament, à ses disciples de conserver ;( le saint domicile où surgit et

(1) C'est même ce qui fait de sa correspondance quelque chose de si peu personnel.

(2) Pol. pos., t. IV, préf., p. XI.

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