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INTRODUCTION. XVII

Cette génération montante, si préoccupée des phénomènes psychologiques, si nourrie des philosophes allemands et anglais, Paul Bourget, encore écolier au moment de la guerre, mais qui se trouvait à la fin de ses classes et comme à cheval sur cette séparation tranchée entre les études d'autrefois et celles d'aujourd'hui, en a été le Vates, le Messie, avant d'en devenir le porte-drapeau et la manifestation la plus éclatante.

Comme nous avons pu le voir par sa biographie, — et c'est là l'immense intérêt de cette recherche des hérédités et des causalités d'un écrivain, — s'il a pu deviner et précéder le mouvement, le retour si l'on veut, vers l'esprit d'analyse, dont il a fait son bien, sa chose, sa personnalité, c'est en grande partie à ses origines qu'il le doit.

L'étude de ses œuvres, depuis ses débuts jusqu'à l'époque présente, a cela de très intéressant, — et que ses critiques n'ont pas vu ou n'ont point voulu voir, — que c'est en même temps l'étude d'une conscience en marche vers la Vérité, mais d'une conscience bien spéciale, une conscience douée d'une sensibilité excessive.

Cette constatation, que pourra faire tout observateur zélé et sans parti pris, est même l'argument le plus irrésistible que l'on puisse opposer aux critiques très âpres qui ont été faites contre Paul Bourget, soit en incriminant ses intentions, soit en méconnaissant son but et la marche mathématique de son talent, soit en attribuant à des préoccupations étrangères à la seule conscience littéraire, au seul amour de la Vérité, l'étude précise et exacte de certains phénomènes morbides de la volonté, de certaines manifestations authentiques et nécessaires de l'âme humaine, de certains problèmes du cœur et de l'être féminins.

(liiez Paul Bourget, comme chez tous les écrivains qui ont de naissance le don, même avant qu'il ait pu s'en rendre compte et s'analyser comme il le fera plus tard, tout l'être pensant et agissant tend à la Littérature.

Avant de se bien comprendre lui-même et de perfectionner l'ambition si naturelle du devenu' qui le portera au premier rang, avec les maîtres, il y a obscurément et inconsciemment en lui l'impulsion profonde, continue, native, qui fera concentrer toutes ses forces cérébrales et même physiques à l'effet de persévérer dans son étie.

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