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XVIII INTRODUCTION

Dans l'enfance, c'est encore très vague, à peine indiqué par des embryons de projets, comme cette idée assez curieuse d'écrire un ouvrage sur les insectes de l'Auvergne, complété par l'histoire des promenades faites pour les rechercher, idée qui souligne déjà chez lui la double tendance de la précision et de l'imagination.

Mais, dès la terminaison des études, après l'absorption énorme, inconsidérée et déréglée des poètes, des romanciers, des auteurs dramatiques, des littérateurs qui brillent sur cet Olympe des Lettres contemporain, l'écrivain se manifeste à la fois par des articles et par des vers. Publiés dans les journaux, dans les revues, les articles prouvent sa valeur d'analyste, sa science critique; les poésies sont l'exutoire de ce qui fermente en lui sous l'influence reconnue des lectures et sous l'influence insoupçonnée des premiers pas dans la vie. Le fond est le cri très sincère de son être, masqué sous une forme ciselée, toute baignée de littérature.

Après les rêveries Au bord de lu Mer, qui satisfont ses aspirations à l'Inconnaissable et à l'Infini, le titre du second recueil, en 1874, la Vie inquiète, est comme une première confession du trouble que ressent Paul Bourget, à son entrée dans la carrière littéraire; Edel, en 1878, les Aveux, en 1882, viendront confirmer ces angoisses latentes, dont il ne démêlait pas encore suffisamment les éléments et qui étaient comme les premiers coups d'ailes de l'oiseau cherchant à s'élever dans les airs, mais incertain de sa force et n'ayant pas suffisamment confiance en lui.

Les lectures faites sans ordre, sans direction, avaient eu pour résultat ce désenchantement précoce et ce déséquilibre intérieur qu'elles ont toujours sur une nature sensilive, impressionnable et pensante; la véritable originalité de l'être est comme enfouie sous cet amas de personnalité diverses, puissantes et impressionnantes par leur talent, par leur génie, par leur vision troublante des individus et des choses.

En même temps, forcé pour vivre d'enseigner, de mener celte existence de professeur libre, contraire à tous ses goûts, à toutes ses aspirations, Paul Bourget avait cherché un dérivatif à ce dur et rebutant métier, en fréquentant assidûment une société de jeunes littérateurs,

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