XX INTRODUCTION
cette vie même, dont ils avaient été les traducteurs, mais des traducteurs impressionnés par leurs tempéraments différents.
Otte lois, la révélation était complète, la vie elle-même l'appelait plus que ceux qui l'avaient peinte et rendue si brillamment que ce fût, cette vie, et, ne se laissant pas séduire par les encouragements qu'il recevait, il alla à son tour directement à la vie.
Sa maladie connue, analysée, il lui devenait facile de se guérir de l'intoxication littéraire et de regarder lui-même la vie avec son tempérament propre, avec sa vision directe, avec ce qu'il devait à l'atavisme sans doute, mais qui était toujours son sang, ses nerfs, son cerveau, son être dégagé définitivement de la pression des autres êtres étrangers,
Aussi lut le roman l'attira, car il sentit qu'il rendrait mieux ses impressions sous cette forme. Après avoir étudié les écrivains à travers leurs œuvres, à travers leurs âmes, il comprit qu'il devait appliquer au roman cette même méthode et ne pas suivre les romanciers contemporains dans leur méthode d'observation sociale ; — ce qui lui était propre, ce qui répondait à sa nature, c'était l'observation psychologique ou analytique, l'observation des sentiments cl non celle des sensations.
C'est à Oxford, en Angleterre, au mois de mai 1883, qu'il écrit cette longue nouvelle, un petit roman d'intense analyse, V Irréparable, &x\ moment où triomphent, Alphonse Daudet, avec sa poignante étude de mœurs VÉvangéliste après le Nabab, les Hois en exil, Emile Zola, avec son étonnant tableau descriptif Au Bonheur des Dames, après VAssommoir, Pot-Bouille, Guy de Maupassant avec son œuvre troublante Une Vie, Edmond de Concourt avec sa saisissante peinture la Faustin.
Ce n'était pas tant pour se différencier de ses prédécesseurs qu'il étudiait surtout les phénomènes intérieurs. revenant ainsi à L'observation individuelle et psychologique, que parce qu'il obéissait à un besoin de sa nature, à son tempérament, parce que lui-même sentait ainsi et s'intéressait surtout à la manière dont les autres devaient fi pouvaient sentir. Les Essais de Psychologie contemporaine avaient été les travaux d'anatomie par lesquels Paul Bourgel s'était préparé à aborder le roman, qui en deve-