VI INTRODUCTION
intelligences plus élevées, son nom fut tout à fait mis en lumière par son premier roman ; c'était l'apogée de ce qu'on a appelé d'un de ces mots simplistes, — et par cela même trop souvent inexacts et Injustes, — le Naturalisme.
Simpliste, cette appellation, et par suite commode pour déterminer à l'aide d'une étiquette large, flamboyante et brutale, une tendance de la Littérature contemporaine ; — inexacte et injuste, parce qu'on l'a appliquée aussitôt à des œuvres et à des écrivains qui, à les étudier de près, n'ont que certains points de contact, souvent superficiels, avec ce qu'on désigne sous le nom de Naturalisme, et parce que, sans tenir compte de leur personnalité cependant très tranchée, on les a enrôlés malgré eux, englobés à leur corps défendant dans cette prison d'une Ecole.
Peu avant, cela s'appelait déjà Réalisme par opposition à Idéalisme.
Ici, Naturalisme voulait dire peinture exacte de ce qui existe, la Nature même prise sur le fait, à l'aide des procédés d'investigation et d'expérimentation de la Science, et s'opposait aux outrances lyriques du Romantisme, comme autrefois les Romantiques eux-mêmes s'étaient dressés en face des Classiques.
Bien vite <m en était arrivé, à force de vouloir faire vrai, à faire brutal, violent, au delà même de la Nature ; c'était l'excès. Le besoin de réaction commentait à se faire sentir ; l'inévitable et juste loi d'équilibre s'imposait : un écrivain jeune, ardent, nouveau, presque ignoré, apprécié seulement d'un petit groupe intime d'amis littéraires et de quelques grands penseurs, pour ses poésies de début et pour de très remarquables œuvres de critique, lança dans la circulation un premier roman, bientôt suivi d'un autre.
Ce fut un étonnement. A cet arbre de la Science du IJien et du Mal qu'est la Littérature, venait de pousser, de mûrir un fruit absolument différent de ceux qu'on y cueillait à celte époque; la saveur en sembla nouvelle, inconnue, exquise. On le goûta avec surprise d'abord, puis avec satisfaction, enfin avec ravissement.
Une aurore se levait à l'horizon littéraire, précédant la prochaine splendeur de rayons qui allaient féconder toute une moisson neuve.
Donc, en plein triomphe de l'école des peintres de