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ÉTUDE BIOGRAPHIQUE ET LITTERAIRE. VII

être fait échec à la vocation de Loti. Pour devenir et surtout pour rester poète, il faut des loisirs. Cette facilité de s'abstraire et de se posséder fut, à n'en pas douter, l'occasion déterminante du génie de Loti.

II aimait à s'égarer dans les protondeurs ombreuses des bois de la Limoise ', qui lui donnaient l'impression de forêts tropicales, de solitudes d'Afrique ; à rêver, grimpé sur un vieux mur couronné de lierre, à des sites ensoleillés de pays lointains. Il avait déjà la vague conception de ces paysages exotiques avant de les avoir vus.

Cette obsession de l'ailleurs, de l'inconnu, nous la retrouvons à chaque page, dans le Roman d'un enfant :

« Oh ! ce qu'il avait de troublant et de magique, dans mon enfance, ce simple mot « les colonies » qui, en ce temps-là, désignait pour moi l'ensemble des lointains pays chauds, avec leurs palmiers, leurs grandes fleurs, leurs nègres, leurs bêtes, leurs aventures! De la confusion que je faisais de ces choses se dégageait un sentiment d'ensemble absolument juste, une intuition de leur morne splendeur et de leur amolissante mélancolie. »

Quand il regardait les hommes d'un certain âge qui l'entouraient, même ceux qui occupaient les positions les plus honorables, les plus justement respectées auxquelles il pût prétendre et qu'il se disait : « Il faudra être un jour comme l'un d'eux, vivre utilement, posément, dans un lieu donné, dans une sphère déterminée, et puis vieillir, et ce sera tout... », alors une désespérance le prenait; il

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