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VIII ETUDE BIOGRAPHIQUE ET LITTERAIRE

n'avait envie de rien de possible ni de raisonnable; il aurait voulu rester un enfant.

Ne l'oublions pas, Loti avait du sang de marin dans les veines. Il rêvait, lui aussi, de courir le monde, à l'aventure, comme ce frère aîné qu'il suivait par la pensée sur les mers lointaines, jusqu'à Tahiti, « l'ile délicieuse ».

Rèvear incorrigible, âme de marin et de voyageur. La lecture d'un livre de bord, trouvé dans/ une vieille armoire de campagne et jauni par le/ temps, décidera de sa vocation. y

Citons encore :

« Une idée, que je n'avais jamais eue, me vint de fureter dans cette bibliothèque Louis XV qui était près de mon lit. Là, parmi les livres aux reliures d'un autre siècle, où les vers, jamais dérangés, perçaient lentement des galeries, je trouvai un cahier en gros papier rude d'autrefois et l'ouvris distraitement. J'appris alors avec un tressaillement d'émotion que de 'nùdï à quatre heures du soir, le 20 juin 1813, par 110 deyrés de longitude et 15 de latitude australe (entre les Ilyriques par conséquent et dans les parages du Grand Océan), il faisait beau temps, belle mer, jolie brise de sud-est, qu'il y avait au ciel plusieurs de ces petits nuages blancs nommés queues de diat et que, le long du navire, des dorades passaient.

« Morts sans doute depuis longtemps, ceux qui avaient noté ces formes fugitives de nuages et qui avaient regardé passer des dorades! Ce cahier, je le compris, était un de ces registres appelés « journaux de bord » que les marins tiennent chaque jour; je ne m'en étonnais même pas comiae d'une

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