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CHAPITRE VII

Rapport ethnique entre les nations assyriennes et l'Egypte. Les arts et la poésie lyrique sont produits par le mélange des blancs avec les peuples noirs

... Revenant aux peuples noirs, je me demande quelles sont les marques de leur nature, les marques semblables qu'ils ont portées dans les deux civilisations d'Assyrie et d'Egypte. La réponse est évidente. Elle ressort des faits.

Nul doute que ce ne soit ce goût frappant des choses de l'imagination, cette passion véhémente de tout ce qui pouvait mettre en jeu les parties de Tintelligence les plus faciles à enflammer, cette dévotion à tout ce qui tombe sous les sens, et finalement, ce dévouement à un matérialisme qui, pour être orné, paré, ennobli, n'en était que plus entier. Voilà ce qui unit les deux civilisations primordiales del'Occident. L'on rencontre, dans l'une comme dans l'autre, les conséquences d'une pareille entente. Chez toutes deux, les grands monuments, chez toutes deux, les arts de la représentation de l'homme et des animaux, la peinture, la sculpture prodiguées dans les temples et les palais, et évidemment chéries par les populations. On y remarque encore l'amour égal des ajustements magnifiques, des harems somptueux, les

femmes conRécs aux cuDuques, la passion du repos, le croissant dégoût de la guerre et de ses travaux , et enfin les m£mcs doctrines de gouvernement : un despotisme tantôt hiératique, tantôt royal, tantôt nobdiaire, toujours sans limites, l'orgueil délirant dans les hautes classes, l'abjection effrénée dans les basses. Les arts et la poésie devaient être et furent, en effet, l'expression la plus apparente, la plus réelle, la plus constante de ces époques et de ces lieux.

Dans la poésie règne l'abandon complet de Tàiue aux influences extérieures. J'en veux, pour preuve, ramassée au hasard, cette espèce de lamentation phénicienne à la mémoire de Southoul, fille de Kabirchis, gravée à Erj'x sur son tombeau.

« Les montagnes d'Érjx gémissent. C'est partout le son des cithares et les chants, et la plainte des harpes dans l'assemblée de la maison de Mécamosch.

« Son peuple a-t-il encore sa pareille? Sa magnificence élait comme un torrent de feu.

<c Plus que la neige brillait l'éclat de son regard... Ta poitrine voilée était comme le cœur de la neige.

« Telle qu'une fleur fanée, notre âme est fiétrie par ta perte; elle est brisée par le gémissement des chants funéraires.

M Sur notre poitrine coulent nos larmcs(i). »

Voilà le style lapidaire des Sémites.

Tout dans cette poésie est brûlant, tout vise à emporter les sens, tout est extérieur. Do telles strophes n'ont

)i) RIau, ZeîltcliriJÏ der deaisch. morgeni, GesetUck., l. III, p.

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