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ESSAI SUR L INEGALITE DES RACES HUMAINES I

pas pour but d'éveiller l'esprit et de le transporter dans un monde idéal. Si, en les écoutant, on ne pleure, si Ton ne crie, si l'on ne déchire ses habits, si l'on ne couvre son visage de cendres, elles ont manqué leur but. C'est là le souffle qui a passé depuis dans la poésie arabe, lyrisme sans bornes, espèce d'intoxication qui touche à la folie et nage quelquefois dans le sublime.

Lorsqu'il s'agit de peindre dans un style de feu, avec des expressions d'une énergie furieuse et vagabonde, des sensations eJBFrénées, les fils de Gham et ceux de Sem ont su trouver des rapprocheriients d'images, des violences d'expression qui, dans leurs incohérences, en quelque sorte volcaniques, laissent de bien loin derrière elles tout ce qu'a pu suggérer aux chanteurs des autres nations l'enthousiasme ou le désespoir.

La poésie des Pharaons a laissé moins de traces que celle des Assyriens, dont tous les éléments nécessaires se retrouvent soit dans la Bible, soit dans les compilations arabes du Kitab-Alaghani,du Hamasa etdes Moallakats. Mais Plutarque nous parle des chansons des Egyptiens, et il semblerait que le naturel assez régulier de la nation ait inspiré à ses poètes des accents sinon plus raisonnables,du moins un peu plustièdes. Au reste, pour l'Egypte comme pour l'Assyrie, la poésie n'avait que deux formes, ou lyrique, ou didactique, froidement et faiblement historique, et, dans ce dernier cas, ne poursuivant d'autre but que d'enfermer des faits dans une forme cadencée et commode pour la mémoire. Ni en Egypte, ni en Assyrie, on ne trouve ces beaux et grands poèmes qui ont besoin pour se produire de facultés bien supérieures à celles d'où peut jaillir l'effusion lyrique. Nous verrons

que la poésie épique est le privilège de la famille arîane ; encore n'a-t-elle tout son feu, tout son éclat, que chez les nations de cette branche qui ont été atteintes par le mélange mélanien...

Le nègre possède au plus haut degré la faculté sensuelle sans laquelle il n y a pas d'art possible ; et, d'autre part, l'absence des aptitudes intellectuelles le rend complètement impropre à la culture de l'art, même à l'appréciation de ce que cette noble application de l'intelligence des humains peut produire d'élevé. Pour mettre ses facultés en valeur, il faut qu'il s'allie à une race différemment douée. Dans cet hymen, l'espèce mélanienne apparaît comme personnalité féminine, et bien que ses branches diverses présentent, sur ce point, du plus ou du moins, toujours, dans cette alliance avec l'élément blanc, le principe mâle est représenté par ce dernier. Le produit qui en résulte ne réunit pas les qualités entières des deux races. Il a de plus cette qualité môme qui explique la fécondation ultérieure. Moins véhément dans la sensualité que les individualités absolues du principe féminin, moins complet dans la puissance intellectuelle que celles du principe mâle, il jouit d'une combinaison des deux forces qui lui permet la création artistique, interdite à l'une et à l'autre des souches associées. Il va sans dire que cet être que j'invente est abstrait, tout idéal. On ne voit que rarement, et par l'effet de circonstances très multiples, des entités dans lesquelles ces principes générateurs se reproduisent et s'affrontent à forces convenablement pondérées. En tout cas, et si on peut croire à de telles com-

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binaîsons chez des hommes isolés, il n'y faut pas penser une minute pour les nations, et il n*est question ici que de ces dernières. Les éléments ethniques sont en constante oscillation dans les masses. Il est tellement difficile de saisir les moments où ils se trouvent à peu près en équilibre ; ces moments sont si rapides, si impossibles à prévoir, qu'il vaut mieux n'en pas parler et ne raisonner que sur ceux où tel élément, l'emportant manifestement sur l'autre, préside un peu plus longuement aux destinées nationales.

Les deux civilisations primordiales fortement imbues de germes mélaniens, en même temps que dirigées et inspirées par la puissance propre à la race blanche, ont dû à la prédominance de plus en plus déclarée de l'élément noir l'exaltation qui les caractérisa : la sensualité fut donc leur cachet principal et commun.

L'Egypte, peu ou point régénérée, se montra moins longtemps agissante que les nations chamites noires, si heureusement renouvelées par le sang sémitique. Le pays avait pourtant dans son mobile arian quelque chose d'évidemment supérieur; mais la marée montante du sang mélanien, sans détruire absolument les prérogatives de ce sang, les domina, et, donnant à la nation cette immobilité qu'on lui reproche, ne lui permit de sortir de l'immense que pour tomber dans le grotesque.

La société assyrienne reçut, de la série d'invasions blanches qui la renouvelèrent, plus d'indépendance dans ses inspirations artistiques. Elle y gagna aussi, il faut l'avouer, une splendeur plus éclatante; car si rien, dans le genre sublime, ne dépasse la majesté des pyramides et de certains temples-palais de la haute Egypte, ces mer-

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veilleux moDuments n'offrent pas de représentations humaines qui, pour la fermeté de Texécution, la science des formes, puissent être comparées aux superbes basreliefs de Khorsabad. Quant à la partie d'ornementation des édifices ninivites, comme les mosaïques, les briques émaillées, j'en ai déjà dit tout ce que le jug'ementle moins favorable serait contraint de reconnaître : que les Grecs eux-mêmes n'ont su que copier ces inventions, et n'en ont dépassé jamais le g'oût sûr et exquis.

Malheureusement le principe mélanien était trop fort et devait l'emporter. Les belles sculptures assyriennes, qu'il faut rejeter dans une antiquité antérieure au septième siècle avant J.-C, ne marquèrent qu'une période assez courte. Après la date que j'indique, la décadence fut profonde, et le culte de la laideur, si cher à l'incapacité des noirs, ce culte toujours triomphant, toujours pratiqué, même à côté des chefs-d'œuvre les plus frappants, finit par l'emporter tout à fait.

D'où il résulte que, pour assurer aux arts une véritable victoire, il fallait obtenir un mélange du sang' des noirs avec celui des blancs, dans lequel le dernier entrât pour une proportion plus forte que les meilleurs temps de Memphis et de Ninive n'avaient pu l'obtenir, et formât ainsi une race douée d'infiniment d'imagination et de sensibilité unies à beaucoup d'intelligence. Ce mélange fut combiné plus tard lorsque les Grecs méridionaux apparurent dans l'histoire du monde.

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