CHAPITRE PREMIER
Les Ariaos ; les brahmanes et leur système social
... Les Arians, plus heureux que les Ghamites, ont gardé, pendant une longue série de siècles, avec leur langue nationale, annexe sacrée de l'idiome blanc primitif, un type physique qui ne les exposa pas, tant il resta particulier, à être confondus parmi les populations noires. Pour expliquer ce double phénomène, il faut admettre que, devant leurs pas, les races aborigènes se retiraient, dispersées ou détruites par des incursions d'avantgarde, ou bien qu'elles étaient très clairsemées dans les vallées hautes du Kachemyr, premier pays hindou envahi par les conquérants. Du reste, il n'y a pas à douter que la population première de ces contrées n'appartînt au type noir (i). Les tribus mélaniennes que l'on rencontre
(i) Lassen, Indisch. Alterth.^ t. I, p. 853 ; voir la note i, p. 339 de ce volume. L'Himalaya contient de nombreux débris de populalions noires ou mulâtres qui sont certainement aborigènes.
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encore aujourd'hui dans le Kamaoun en portent témoignage. Elles sont formées des descendants des fugitifs qui, n'ayant pas suivi leurs congénères lors du grand reflux vers les monts Vyndhia et le Dekkhan (i), se sont jetés au milieu des gorges alpestres, asile sûr, puisqu'ils y conservent leur individualité depuis des séries d'années incalculables.
Avant de mettre le pied plus avant sur le sol de l'Inde, saisissons tout Tensemble de la famille ariane primitive, à ce moment où son mouvement de marche vers le sud est déjà prononcé, mais où, toutefois, si elle a commencé à envahir la vallée de Kachemyr par ses têtes de colonnes, le gros de ses nations n'a pas encore dépassé la Sogdiane.
Déjà les Arians sont détachés des nations celtiques, acheminées vers le Nord-ouest et contournant la mer Caspienne par le haut ; tandis que les Slaves, très peu différents de ce dernier et vaste amas dépeuples, suivent vers l'Europe une route plus septentrionale encore.
Les Arians donc, longtemps avant d'arriver dans l'Inde, n'avaient plus rien de commun avec les nations qui allaient devenir européennes. Ils formaient une immense multitude tout à fait distincte du reste de l'espèce blanche, et qui a besoin d'être désignée, ainsi que je le fais, par un nom spécial. Par malheur, des savants de premier ordre n'ont pas apprécié cette nécessité. Absorbés par la philologie,ils ont donné un peu légère-
(i) D'après Ritter, les peuples sanscrits ODt repoussé jusqu'à Lanka (Ceylan) les nègres et les métis jaunes et noirs (Malais), qui s'étendaient primitivement dans le Nord. {Ritter y Erdkande, Asien, t. I, p. 435.)
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ment, à Tensemble des langues de la race, le nom fort inexact d'indo-germanique, sans s'arrêter à cette considération, pourtant très sérieuse, que, de tous les peuples qui possèdent ces idiomes, un seul est allé dans Tlnde, tandis que les autres n'en ont jamais approché. Le besoin, d'ailleurs impérieux, des classifications a été de tout temps la source principale des erreurs scientifiques. Les langues de la race blanche ne sont pas plus hindoues que celtiques (i), et je les vois beaucoup moins germaniques que grecques. Le plus tôt on renoncera à ces dénominations géographiques sera le mieux.
Le nom d'Arian possède cet avantage précieux d'avoir été choisi par les tribus mêmes auxquelles il s'applique, et de les suivre partout indépendamment des lieux qu'elles habitent ou ont pu habiter. Ce nom est le plus beau qu'une race puisse adopter : il signifie honorable; ainsi, les nations arianes étaient des nations dJhommes honorables^ d'hommes dignes d'estime et de respect, et probablement, par extension, d'hommes qui, lorsqu'on ne leur rendait pas ce qui leur était dû, savaient le prendre. Si cette interprétation n'est pas strictement dans le mot, on verra qu'elle se trouve dans les faits .
Les peuples blancs qui s'appliquèrent cette dénomination en comprenaient la portée hautaine et pompeuse. Ils s'y attachèrent avec force, et ne la laissèrent que tardivement disparaître sous les qualifications particulières
(i) Si l'on voulait absolument appliquer aux groupes de lang^ues des noms de nations, il serait plus raisonnable pourtant de qualifier le rameau arian à' hindou-celtique . On aurait du moins ainsi la désignation des deux extrêmes géographiques, et on indiquerait les deux faces les plus différentes du système ; mais, pour mille causes, celte dénomination serait encore détestable.
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que chacun d'eux se donna. par la suite. Les Hindous appelèrent le pays sacré, l'Inde légale, Arya-varla^ la terre des hommes honorables. Plus tard, quand ils furent divisés en castes, le nom à^Arya resta au gros de la nation, aux Vaycias, la dernière catégorie des vrais Hindous, deux fois nés, lecteurs des Védas.
... Pour la conformation physique, il n'y a pas de doute : c'était la plus belle race dont on ait jamais entendu parler.
La noblesse de ses traits, la vigueur et la majesté de sa stature élancée, sa force musculaire, nous sont attestées par des témoignages qui, pour être postérieurs à l'époque où elle était réunie, n'en ont pas moins un poids irrésistible. Ils établissent tous, sur. les points différents où on les recueille, une grande identité de traits généraux, et ne laissent apercevoir les déviations locales que comme des conséquences d'alliages postérieurs. Dans l'Inde, les croisements eurent lieu avec des races noires; dans l'Iran, avec des Ghamites, des Sémites et des noirs; en Grèce, avec des peuples blancs qu'il ne s'agit pas de déterminer ici et des Sémites. Mais le fond du type demeura partout le même, et il est peu contestable que la souche qui, même dégénérée de sa beauté primordiale, fournissait des types comme ceux des Kachemyriens actuels et comme la plupart des Brahmanes du nord, comme ceux dont la représentation a été figurée sous les premiers successeurs de Gyrus, dans les constructions de Nakschi-Roustam et de Persépolis; enfin, que les hommes dont l'aspect physique a inspiré les sculpteurs de l'Apollon Pythien, du Jupiter d'Athènes, de la Vénus
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de Milo, formaient la plus belle espèce d'hommes dont la vue ait pu réjouir les astres et la terre.
La carnation des Arians était blanche et rosée : tels apparurent les plus anciens Grecs et les Perses ; tels se montrèrent aussi les Hindous primitifs. Parmi les couleurs des cheveux et de la barbe, le blond dominait, et l'on ne peut oublier la prédilection que lui portaient les Hellènes : ils ne se figuraient pas autrement leurs nobles divinités. Tous les critiques ont vu, dans ce caprice d'une époque où les cheveux blonds étaient devenus bien rares à Athènes et sur les quais de l'Eurotas, un ressouvenir des âg^es primitifs de la race hellénique. Aujourd'hui encore, cette nuance n'est pas absolument perdue dans Tlnde, et notamment au nord, c'est-à-dire dans la partie où la race ariane a le mieux conservé et renouvelé sa pureté. Dans le Kattiwar, on trouve fréquemment des cheveux rougeâtres et des yeux bleus.
L'idée de la beauté est restée pour les Hindous attachée à celle de la blancheur, et rien ne le prouve mieux que les descriptions d'enfants prédestinés si fréquentes dans les légendes bouddhiques (i). Ces pieux récits montrent la divine créature, aux premiers jours de son berceau, avec le teint blanc, la peau de couleur d'or. Sa tête doit avoir la forme d'un parasol (c'est-à-dire, être ronde et éloignée de la configuration pyramidale chez les noirs). Ses bras sont longs, son front large, ses sourcils réunis^ son nez proéminent.
Comme cette description, postérieure au vu* siècle
(i) Buraouf, Introduction à l'histoire du bouddhisme indien, t.I, pp. 237, 3i4. .
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av. J.-C, s'applique à une race dont les meilleures branches étaient assez mélangées, on ne peut se montrer surpris d'y voir des exig-ences un peu anormales, telles que la couleur d'or souhaitée pour la peau du corps, et les sourcils réunis. Quant au teint blanc, aux bras longs, au front large, à la tête ronde, au nez proéminent, ce sont autant de traits qui révèlent la présence de l'espèce blanche et qui, ayant continué à être caractéristiques des hautes castes, autorisent à penser que la race ariane, dans son ensemble, les possédait également.
Cette variété humaine, ainsi entourée d'une suprême beauté de corps, n'était pas moins supérieure d'esprit (i). Elle avait à dépenser une somme inépuisable de vivacité et d'énergie, et la nature du gouvernement qu'elle s'était donné coïncide parfaitement avec les besoins d*un naturel si actif.
Les Arians, divisés en tribus ou petits peuples concentrés dans de grands villages (2), mettaient, à leur tête, des chefs dont le pouvoir très limité n'avait rien de commun avec l'omnipotence absolue exercée par les souverains chez les peuples noirs ou chez les nations jaunes (3). Le nom sanscrit le plus ancien pour rendre ridée d'un roi, d'un directeur de la communauté politique, c'est viç pati; le zend uiç païtis l'a parfaitement conservé, et lé lithuanien wiespati \nà\(\{jiB aujourd'hui
(i) Lassen, Indisch. Alterth., 1. 1, p. 854.
(2) Ces villages étaient appelés pour chez les Hindous, tco'Xiç chez es Grecs.
(3; Lassen, Indisch, Alterth,, t. I, p. 807.
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encore un seigneur terrien (i). La sig'nification en est tout entière dans le IIo'.[jly)v Xa(ï>v si fréquent chez Homère et Hésiode, et, comme la monarchie grecque de Tépoque héroïque, tout à fait conforme à celle des Iraniens avant Cyrus, ne montre, dans les souverains, qu'une autorité des plus limitées; comme les épopées du Ramayana et du Mahabharata ne connaissent également que la royauté élective, conférée par les habitants des villes, les brahmanes et même les rois alliés, tout nous porte à conclure qu'un pouvoir émanant, d'une façon si complète, de la volonté générale, ne devait être qu'une délégation assez faible, peut-être même précaire, tout à fait dans le goût de l'organisation germanique antérieure à l'espèce de réforme qu'en fît chez nous Khlodowig.
Ces rois des Arians, siégeant dans leurs villages, parmi des troupeaux de bœufs, de vaches et de chevaux, juges nécessaires des contestations violentes qui accidentent, à tout moment, la vie des nations pastorales, étaient entourés d'hommes plus belliqueux encore que bergers ,
Lorsque j'ai parlé, lorsque je parle de la nation ariane, de la famille ariane, je n'entends pas dire que les différents peuples qui la formaient vécussent entre eux dans
(1) Oa suit trèp bien, daos les ianjoçues arianes, les deux parties de ce mot composé : viç, qui signifie maison, devient, par extension, une collection de maisons, et se retrouve dans le vicus latin et son dérivé ci-vis, l'habitant du viens, Pati, le chef, en sanscrit, c'est dans l'arménien bodj dans le slave pod, dans le letton patin, dans le polonais pan, dans le ç;oihïque fat hs. (Burnouf, Comment, sur le Yacna, t. I, p. 461 ; SchaflFarik, Slawische AlterlhUmer^ t. I, p. a83.)
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des sentiments d'affectueuse parenté (i). Le contraire est incontestable : leur état le plus ordinaire paraît avoir été rhostilité flagrante et approuvée, et ces hommes honorables ne voyaient rien de si dig-ne d'admiration qu'un guerrier monté sur un chariot, courant, aidé de son écuyer, épuiser ses flèches contre une tribu voisine (2). Cet écuyer, toujours présent dans les sculptures ég'yptiennes, assyriennes, perses, dans les poèmeis grecs ou sanscrits, dans le Schah-nameh, dans les chants Scandinaves et les épopées chevaleresques du Moyen-âge, fut aussi dans rinde une figure militaire d'une grande importance.
Les Arians guerroyaient donc entre eux (3),. et comme ils n'étaient pas nomades (4), comme ils restaient le plus longtemps possible dans la patrie qu'ils avaient adoptée, et que leur vaillante audace en avait partout fini promptement avec la résistance des indigènes, leurs expéditions les plus fréquentes, leurs campagnes les plus longues, leurs désastres les plus complets, comme aussi leurs plus beaux triomphes, n'avaient qu'eux-mêmes pour acteurs. La vertu, c'était donc l'héroïsme du combattant, et, avant toute autre considération, la bonté, c'était la
(i) Ce serait nier l'affirmation positive des hymnes védiqaes. (Lasseo, Indisch, Alierlhûm,, t. I, p. 734.)
(2) Dans leZead-Avesta, l'hommede guerre se nomme ra^^des/d^ celui qui est sur le chariot.
(3)Lassen, Indisch. Alterth., t. I, p. 617.
(4) Lassen, ibid., p. 8r6. — Bien que pasteurs par excellence, ils n'étaient pas absolument etran^rs non plus aux travaux de Tagriculture, et je serais tenté de croire que, si, dans leur première patrie, ils ne s'y adonnèrent pas davantai^e, c'est que le sol et le climat ne leur permettaient pas d'en tirer des avantaj^es suftisauls.
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bravoure, notion que Ton retrouve, bien loin de ces temps, dans les poésies italiennes où le buon Rinaldo est aussi // gran virtuoso del'Arioste. Les récompenses les plus éclatantes étaient assurées aux plus énergiques champions. On les nommait çoura, les célestes (i), parce que, s'ils tombaient dans la bataille, ils allaient habiter le Svarga, palais splendide où les recevait Indra, le roi des dieux, et cet honneur était si grand, si au-dessus de tout ce que pouvait réserver l'autre vie, que, ni par les riches sacrifices, ni par Tétendue et la profondeur du savoir, ni par aucun moyen humain, il n'était donné à personne d'occuper au ciel la môme place que les çouras. La mort reçue en combattant, tout mérite s'éclipsait devant celui-là. Mais la prérogative des guerrojeurs intrépides ne s'arrêtait même pas à ce point suprême. Il p<»uvait leur arriver, non pas seulement d'aller habiter, hôtes vénérés, la demeure éthérée des dieux : ils étaient en passe de détrôner les dieux mêmes, et, au sein de sa puissance, Indra, menacé sans cesse de se voir arracher le sceptre par un mortel indomptable, tremblait toulours (2).
On trouvera entre ces idées et celles de la mythologie Scandinave des rapports frappants. Ce ne sont pas des rapports, c'est une identité parfaite qu'il faut constater ici entre les opinions de ces deux |tribus de la famille blanche, si éloignées par les siècles et par les lieux. D'ailleurs, cette orgueilleuse conception des relations de l'homme avec les êtres surnaturels se rencontre dans les
(1) Ibid.j p. 734.
(2j Lasseo, Indisch. J\!ltrth., l. I.
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mêmes proportions grandioses chez les Grecs de Tépoque héroïque.
A ce sentiment exagéré de sa dignité, on pourrait croire que le cœur de Thomme blanc associait quelque penchant à Tirapiété. On serait dans Terreur; car précisément le blanc est religieux par excellence (i). Les idées théologiques le préoccupent à un très haut degré. Déjà on a vu avec quel soin il conservait les anciens souvenirs cosmogoniques, dont la tribu sémite des Hébreux abrahamides posséda, moitié par son propre fonds, moitié par transmission chamitique, les fragments les plus nombreux. La nation ariane, de son côté, prêtait son témoignage à quelques-unes des vérités de la Genèse (2). D'ailleurs, ce qu'elle cherchait surtout dans la religion, c'étaient les idées métaphysiques, les prescriptions morales. Le culte en lui-même était des plus simples.
Egalement simple se montrait, à cette époque reculée,
(1) Lassen, Indisch. Alterth., t. I, p. 755.
(a) Voici les notions cosmoiçoniques conservées par une des hymnes du Rigvéda : « Alors il n'y avait ni être ni non-être. Pas d'univers, « pas d'atmosphère, ni rien au-dessus ; rien nulle part, pour le bien « de qui que ce fût, enveloppant ou enveloppé. La mort n'était pas, (( ni non plus l'immortalité, ni la distinction du jour et de la nuit. « Mais GELA palpitait sans respirer, seul avec le rapport à lui-même « contenu en lui. Il n'y avait rien de plus. Tout était voilé d'obscu- « rite et plongé dans l'eau indiscernable. Mais cette masse ainsi « voilée fut manifestée par la force de la contemplation. Le désir « {kamUf l'amour) naquit d'abord dans son essence, et ce fut la « sentence originelle, créatrice, que les sages, qui la reconnaissaient « dans leur propre cœur, par la méditation, distinguent, au sein « du néant, comme étant le lien de TËxislence. — Lassen, Indisch. Allerth., t. I, p. 774. C'est plus profond et plus vigoureusement analysé que le langage d'Hésiode et que les chants celtiques ; mais ce n'est pas différent.
ESSAI sua L^INKGALITÉ DES RACES HUMAINES l^l
Torganisation du Panthéon. Quelque peu de dieux présidés par Indra dirijoceaient plutôt qu'ils ne dominaient le monde (i). Les fiers Arians avaient mis le ciel en république.
Cependant ces dieux, qui avaient Thonneur de dominer sur des hommes si hautains, leur devaient certaine* ment d'être dignes d'hommages. Contrairement à ce qui arriva plus tard dans Flnde^et tout à fait en accord avec ce qu'on vit dans la Perse, et surtout dans la Grèce, ces dieux furent d'une irréprochable beauté. Le peuple arian voulut les avoir à son image. Comme il ne connaissait rien de supérieur à lui sur la terre, il prétendit que rien ne fut autrement parfait que lui dans le ciel ; mais il fallait aux êtres surhumains qui conduisaient le monde une prérogative distincte. L'Arian la choisit dans ce qui est encore plus beau que la forme humaine à sa perfection, dans la source de la beauté, et qui semble aussi l'être de la vie : il la choisit dans la lumière et dériva le nom des êtres suprêmes de la racine douy qui veut dire éclairer; il leur créa donc une nature lumineuse. L'idée parut bonne à toute la race, et la racine choisie porta partout une majestueuse unité dans les idées religieuses des peuples blancs. Ce fut le Dévas des Hindous, le Zeùq» le Qzàç des Hellènes ; le Diewas des Lithuaniens, le Duz gallique ; le Dia des Celtes d'Irlande ; le Tyr de l'Edda ; le Zio du haut allemand ; la Dewana
(i) Un dieu anlérieurà Indra paraît avoir élé Vouroanas ou Voa~ ranas ; il est devenu, depuis, chez les Hindous primitifs, Varouna, et chez les plus anciens Grecs, Oaranos; « c'est physiquement le ciel qui couvre la terre. » — Eckstein, Recherches historiques sur Inhumanité primitive, pp. 1-2,
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slave ; la Diana latine. Partout enfin où pénétra la race blanche, et où elle domina, se retrouve ce vocable sacré, au moins à Torigine des tribus. Il s'oppose, dans les régions où existent des points de contact avec les éléments noirs, à VAl des aborigènes mélaniens.Ge dernier représente la superstition, l'autre la pensée; l'un est l'œuvre de l'imagination en délire et courant à l'absurde, l'autre sort de la raison. Quand le Deus et VAl se sont mêlés, ce qui a eu lieu par malheur trop souvent, il est arrivé, dans la doctrine religieuse, des confusions analogues à celles qui résultaient, pour l'organisation sociale, des mélanges de la race noire avec la blanche. L'erreur a été d'autant plus monstrueuse et dégradante, qu'A/ l'emportait davantage dans cette union. Au contraire, le Deus a-t-il eu le dessus? L'erreur s'est montrée moins vile, et, dans le charme que lui prêtèrent des arts admirables et une philosophie savante, l'esprit (Je l'homme, s'il ne s'endormit pas sans danger, le put du moins sans honte. Le Deus est donc l'expression et l'objet de la plus haute vénération chez la race ariane. Exceptons-en la famille iranienne pour des causes tout à fait particulières (i)...
(i) Un autre nom, donné par la race ariane à la Divinité, est le mot Gott^ en jsi^othiqueCroaM, qui se rapporte au i^rec Keudci), et au sîinscTii Goûddhah. Ce mot veut dire le Caché. — V.Windischmann, Fortschritt der Sprachen-Kunde^ p. 20, et Eckslein, Recherches historiques sur i* humanité primitive. — Burnouf incline à voir la racine de ce mot dans le sanscrit guaddhàta, rincréé, (Comment. 9ar le Yaçna^ t. I, p. 554.)
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