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CHAPITRE II

Développements du brahmanisme

... La mort et le jugement d'outre-tombe sont les grands points de la vie d'un Hindou; et on peut dire, à l'indifférence avec laquelle il porte communément l'existence présente, qu'il n'existe que pour mourir. Il y a là des similitudes évidentes avec cet esprit sépulcral de l'Egypte, tout porté vers la vie future, la devinant et, en quelque façon, l'arrangeant à l'avance. Le parallèle est facile, ou mieux, les deux ordres d'idées se coupent à angle droit et partent d'un sommet commun. Ce dédain de l'existence, cette foi solide et délibérée dans les promesses religieuses, donnent à l'histoire d'une nation une logique, une fermeté, une indépendance, une sublimité que rien n'égale. Quant l'homme vit à la fois, par la pensée, dans les deux mondes, et, en embrassant de l'œil et de l'esprit ce que les horizons du tombeau ont de plus sombre pour l'incrédule, les illumine d'éclatantes espérances, il est peu retenu par les craintes ordinaires aux sociétés rationalistes, et, dans la poursuite des affaires d'ici-bas, il ne compte plus parmi les obstacles la crainte d'un trépas qui n'est qu'un passage d'habitude. Le plus illustre moment des civilisations humaines est celui où la vie n'est pas encore cotée si haut qu'on ne place, avant le besoin de la conserver, bien d'autres soucis plus utiles aux individus. D'où dépend cette disposition heureuse ? Nous la verrons toujours et partout corrélative à la plus ou

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moins grande abondance de sang arian dans les veines d'un peuple.

La théologie et les recherches métaphysiques furent donc le pivot de la société hindoue. De là sortirent, sans s'en détacher jamais, les sciences politiques, les sciences sociales. Le brahmanisme ne fît pas deux parts spéciales de la science du citoyen et de celle du croyant. La théorie chinoise et européenne de la séparation de l'Eglise et de l'État ne fut jamais admissible pour lui. Sans religion, point de société brahmanique. Pas un seul acte de la vie privée ne s'en isolait. Elle était tout, pénétrait partout, vivifiait tout et d'une manière bien puissante, puisqu'elle relevait le tchandala lui-même, tout en l'abaissant, et donnait même à ce misérable un motif d'orgueil et des inférieurs à mépriser.

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