IV INTRODUCTION
qu'en 1830. Il devint en 1807 secrétaire de l'École des beaux-arts. Quant à la mère de Mérimée, c'était une personne médiocrement jolie, mais avenante, d'un caractère ferme et gai, très aimante, encore qu'un peu froide d'apparence, qui avait, la chose est à noter, le double talent de faire de jolis portraits d'enfants et de savoir les amuser par de petits contes. N'était-elle pas au reste la propre petite fille de madame Leprince de Beaumont? — Ainsi donc un grand-père qui d'avocat se fait intendant, un père qui de peintre se fait professeur et historien et abandonne les voyages pour une situation officielle, une aïeule maternelle, auteur de contes charmants pour les enfants, bien que d'imagination un peu courte, une mère artiste tout ensemble et conteur aimable (sans parler des qualités de la ménagère), tels furent les ascendants de Mérimée. Voyons maintenant ce qu'il fut lui-même.
Nous ne retiendrons de son enfance, un peu maladive, que la fameuse anecdote rapportée par Sainte- Beuve : (( Il avait cinq ans, il avait fait quelque faute. Sa mère, qui était occupée à peindre, le mit hors de l'atelier en pénitence et ferma la porte sur lui. A travers cette porte, l'enfant se mit à demander pardon, à promettre de ne plus recommencer, et il employait les tons les plus sérieux et les plus vrais. Elle ne lui répondit pas. Il fit tant qu'il ouvrit la porte; et, à genoux, il se traîna vers elle, suppliant toujours, et d'un accent si sérieux et dans une attitude si pathétique qu'au moment où il arriva en sa présence elle ne put s'empêcher de rire. A l'instant il se releva et changeant de ton : ce Eh bien,