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ENTRE LA CATHÉDRALE ET LES RUINES PAÏENNES

C'est de la peur de la mort que naît l'art, disait M. André Gide dans son admirable Amyntas: Toute la littérature de Dario est aussi dans la crainte et le frisson de l'au-delà. Il a écrit des anacréontiques qu'un vol de phalènes traverse, et dans ses tableaux galants de la première époque l'embarquement pour Cythère est troublé — lisez sa Marina — par un regret « qui hurle comme un chien à la mort ». « La Pâle », « la Jalouse », « celle qui nous réveillera », a que Ton ne nomme pas » et (( dont le nom sinistre glace », voici les masques de ce revenant qui trouble ses fêtes.

« Entre la Cathédrale et les ruines païennes, tu voles, ô Psyché, mon âme », s'écriait-il. Disons plutôt entre l'ancien amour de la vie et la crainte catholique de la mort. Comme Verlaine, il devient sage en vieillissant, et sa a sagesse » va trouver les cloîtres et il s'habille en moine un jour. Mais il sera moine à Majorque, un pays aussi beau que l'Assise de saint François.

Dans sa jeunesse à Buenos-Ayres le païen triomphe encore. Il a rarement ces réticences et ces regrets de sa maturité morose. Le Colloque des Centaures, son étude sur Leconte de Lisle et quelques-unes des Amphores d'Epicure résument bien cet état d'esprit charmant. La sienne n'est pas, bien entendu, la Grèce un peu rèche des classiques espagnols de son enfance, mais une Grèce de l'Ile-de-France, comme ces statues de Ver-

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