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I. Paroles de l'hymne national argentin. (N. du T

Oyez l'appel courant par la forêt des mâts qui couvre le large estuaire et envahit la mer ! Sur la fête, énorme des fabriques tremblantes de vie ; sur les tours de la ville qui s'enfle ; sur l'extraordinaire tumulte de métaux et d'activés lueurs ; sur le prodige cosmique d'œuvre et de pensée qui flambe parmi les foules polyglottes ; sur les constructions, sur la lutte, sur le rêve, sur la blanche sierra, sur la vaste terre, sur la mer immense !

Argentine ! région de l'aurore ! O terre ouverte à l'assoifté de vie et de liberté, dynamique et créatrice ! O nef auguste à la proue triomphante et aux voiles d'or! Là-bas, dans la brume infinie, élevant sa main qu'il agite, le divin Gristobal, prince des Caravelles, te salue.

Tu te fendis comme une grenade, tu t'es gonflée comme une tétine, comme un épi tu t'es dressée pour toute race désolée, pour toute humanité triste, pour les errants et les parias qui-, sous des nuées adverses, partent à la conquête du labeur fécond, de la bonne pâture et du bon sommeil, du toit qui repose et voit rire les bambins, sous lequel on rêve et l'on pense mourir.

Exodes ! exodes ! Troupeaux humains, troupeaux de gens qui redoutez les jours farouches, qui avez soif sans trouver de fontaines, qui avez faim sans le pain désiré, et qui aimez le travail qui germine; votre exode vous a sauvés : il existe sur terre une Argentine. Voici la région de l'Eldorado, voici le paradis terrestre, voici le bonheur espéré, voici la Toison d'Or, voici Ghanaan toute pleine, l'Atlantide ressuscitée ; voici les champs du Taureau et du Veau symboliques, voici l'existence que, dans leurs rêves, contemplèrent les mélancoliques, les plaintifs, les dolents poètes et visionnaires qui, dans leur olympe ou leur calvaire, étendirent leur amour à tous les hommes.

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