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FIG. 3 — SCULPTURE DE SARCOPHAGE AU MUSÉE DU LATRAN (AVANT

sance, ne dirons-nous que les phases principales et les moments capitaux, sans nous attarder à détailler chaque série.

Pour l'adoration des mages comme pour la plupart des thèmes iconographiques, c'est aux Catacombes romaines qu'il faut en premier lieu descendre, car c'est là tout d'abord, au cours du me siècle, que la scène s'élabore et prend forme. On connaît aux Catacombes treize Épiphanies, dont une dizaine encore visibles.

Quatre d'entre elles, cinq peut-être, les seules dont il puisse être question, sont antérieures au ive siècle. Peintes à fresque sur le mortier de la paroi, elles constituent la première expression artistique de cet épisode de la vie du Christ.

Réduite à ses éléments essentiels, la Vierge, l'Enfant et les mages, la scène est

traduite d'une façon toute schématique.

La Vierge, tantôt au centre du panneau, tantôt à l'extrémité droite, est assise avec l'Enfant sur ses genoux, et les mages debout, au nombre de deux, de trois ou de quatre, s'avancent, courent vers elle, lui offrant leurs présents sur des patènes d'or. Quel que soit leur nombre, tous, imberbes, de costume pareil et d'identique physionomie, semblent calqués sur un modèle unique. Rien ne les distinguo individuellement. Et ce sont de grands personnages persans, tels que l'on voit les saints Abdon et Sennen peints dans le cimetière de Pontien, c'est-à-dire coiffés du bonnet phrygien, vêtus d'une tunique courte et d'un manteau flottant, porteurs de braies et de bottines. (Fig. i et 2.)

L'origine de ce costume et de cette représentation est assez facile à deviner.

LES ROIS MAGES D APRES LES ARTISTES

Elle est dans les images du dieu Mithra, dans celles des peuples d'Asie tributaires de l'empire romain, et dans quelques autres encore. Il suffit de regarder, au Louvre, les bas-reliefs mithriaques, entre autres le numéro 569 et l'ivoire Barberini; à Athènes, une des sculptures phrygiennes consacrées à Cybèle; à Constantinople, la base de l'obélisque de Théodose, pour s'en convaincre. Le sacrificateur qui, un genou sur le cou du taureau, égorge l'animal, Attis debout près de Cybèle, les barbares orientaux accroupis offrant à l'empereur le tribut dû à César, sontidentiquesauxmagesdes Catacombes.

Type et costumes sont pareils. Les premiers artistes chrétiens ont agi pour ce sujet comme pour les images du Bon Pasteur et d'Orphée : ils ont, pour traduire une pensée chrétienne, emprunté sans scrupule des vocables païens, je veux dire une formule plastique que leur offrait toute prête l'art païen contemporain. Ils ont donc figuré les mages en prêtres de Mithra, en Perses ou Mèdes authentiques, d'après un modèle courant de l'art grécoromain. A cause de cela, ce premier type iconographique doit être appelé le type hellénistique.

Au ive siècle, le poète Prudence fera écho à cette idée des artistes touchant l'origine persane des mages quand il chantera dans son Cathemrinon :

Sur les rivages du golfe Persiquc, Où se lève le soleil, Les mages, habiles augures, Aperçoivent l'emblème royal.

Ainsi pensent d'ailleurs la majorité des Pères, Clément d'Alexandrie, saint Cyrille d'Alexandrie, saint Jean Chrysostome, saint Basile, contrairement à quelques-uns, comme saint Justin et Tertullien, qui les font venir d'Arabie, en fixant même leur ville natale, Damas.

L'hésitation, le flottement de ces premiers artistes au sujet du nombre des mages est à noter. Le chiffre trois est le plus commun, mais n'est peut-être pas le plus ancien. La première en date des

fresques des Catacombes serait en effet, au dire de M. Kehrer, celle des Catacombes Saint-Pierre et Marcellin., où l'on voit deux mages. Après viendraient, toujours au 111e siècle, la fresque du même cimetière, où sont représentés trois mages, et la fresque du cimetière de Domitille, qui figure quatre mages. La fresque du cimetière de Calixte et celle du cimetière de Priscille, qui en ont trois, seraient moins anciennes. C'est là une classification nouvelle. En face d'elle il faut se rappeler que les successeurs de J.-B. de Rossi, M. Marucchi et Msr Wilpert, datent du ive siècle l'Epiphanie à deux mages des Catacombes Saints-Pierre etMarcellin, tandis qu'ils reculent jusqu'au 11e siècle celle à trois mages du cimetière de Priscille.

Ces chiffres anormaux de deux et de quatre sont unanimement traités de licences d'artistes et regardés comme un oubli de la tradition. Peut-être vaudrait-il mieux en conclure que la tradition n'existait pas encore à l'état bien fixe, et que chacun était libre de l'imaginer à sa façon. Encore au ive siècle, sur un vase en marbre du musée Kircher, à Rome, on voit groupés jusqu'à six mages autour de la Vierge,

KIG. 4 — PANNEAU DE LA PORTE M SAINTE-SABINE, A ROME (AN |3o)

tandis que jlc coffret de Saint-Nazaire, à Milan, n'en représente que deux. Je n'ose citer aussi la mosaïque de Sainte-Marie

Majeure, à Rome, datée de 440, où l'on

voit, à droite du groupe central, deux mages seulement, car le personnage de gauche. que M* Wilpert interprètecomme une seconde figure de la Vierge, serait, d'après M. Kchrer, le troisième mage transformé en madone par un restaurateur « stupide ».

Le chiffre trois ne se présente donc pas comme traditionnel. L'Évangile n'en indique aucun, et ce chiffre, l'art à ses débuts le cherche, hésitant entre plusieurs. Il est vrai cependant que le nombre trois apparaît dès le début, se généralise vite, et devient le seul employé à partir du ve siècle. Ce serait le pape saint Léon le

Grand 1440-4G1) qui le premier aurait réduit le nombre des mages à trois. Que les textes cités de lui, et empruntés à ses sermons IV et V sur l'Epiphanie, instituent une règle observée désormais ou constatent simplement la pratique suivie de son temps, il est de fait qu'après lui personne, ni artiste ni écrivain, n'hésitera sur le nombre des mages. On sait dès lors qu'ils étaient trois.

Pourquoi trois? « C'est très certainement, écrit M. Emile Mâle à la suite de J.-B. de Rossi, le désir de mettre les mages en parallèle avec les trois Hébreux dans la fournaise, qui a déterminé les docteurs

Phoi. Minari.

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