‹ Pages d'art chrétien (volume 2)Chapitre 4 sur 41 · III. — Masaccio. Le style · texte numérisé non relu

III. — Masaccio. Le style

Le nom de Masaccio est d'ordinaire mêlé par les historiens au mouvement naturaliste du xv* siècle. Si l'on entend

DE GIOTTO A RAPHAËL

par naturalisme la doctrine qui veut que l'on s'inspire de la nature, sauf à l'ennoblir ensuite, Masaccio fut naturaliste. Il le fut comme le seront plus tard Michel- Ange et Raphaël. Ceci n'est donc pas la caractéristique de son tempérament, et si l'on veut, dans le mouvement artistique florentin aux environs de 1425, établir, en les répartissant, les responsabilités, ce n'est pas le naturalisme qu'il faut rattacher à son nom.

Au milieu de la fièvre qui l'entraînait avec ses contemporains vers un art plus savant, Masaccio a compris que le réalisme n'était pas le tout de l'art. D'avance, il a posé le principe formulé plus tard par Goethe : « La réalité est le sol nourricier dans lequel s'épanouit cette plante merveilleuse de l'art dont la racine doit plonger dans le réel mais dont la tige doit fleurir dans l'idéal. »

A l'observation directe de la nature, il a superposé un souci des formes pleines, une recherche de la noblesse et de la grandeur, un amour du pathétique, qui font proprement de lui le créateur du style héroïque. C'est là sa vraie note. Romain dans l'âme, Masaccio annonce Raphaël.

C'est devant ses compositions puissantes que les artistes suivants prendront conscience de ce que c'est que le style.

L'œuvre de Masaccio tient presque tout entière dans la chapelle Brancacci de Florence, et ne comprend qu'un petit nombre

Fie

Page 1