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CONSERVÉ AU MUSÉE DU LOUVRE

(Primitif français de la fin du xv* s.)

genoux fléchissent et son corps s'affaisse. La couronne d'épines a remplacé le diadème royal; un simple voile, moins ample que le court jupon de époque romane, est noué autour des reins, et les clous sont réduits à trois, un seul traversant les deux pieds superposés.

Tel est le nouveau type de crucifix. Iconographiquement, il est constitué par lacouronne d'épines, la forme du voile, les trois clous, l'absence habituelle du suppedaneum et la dépression du corps du Christ qui se meurt.

Dernièrement encore, c'était un problème iconographique que l'apparition de la couronne d'épi nés dan s l'histoire du crucifix. M. Mâle la mettait au xive siècle.

D'une communication récente de M. de Mélyà l'Académie des inscriptions, il résulte que le premier exemple connu de Christ en croix couronné d'épines est une miniature datée de i2t?. L'Evangéliaire décrit plus haut ne lui est postérieur que de quelques années.

Il est impossible Je ne pas remarquer que. en ce même up. saint Louis p< la première pierre de la Sainte-Chapelle que trois ans plus tard un légat du Pape

consacrera. Le roi de France vient a,

d'acheter 100000 francs la vraie couronne

à la ligure une forme triangulaire qui

à l'empereur de Constantinople, et la l'équilibre mieux et la rende plus décorasuperbe châsse de pierre, qui sort de terre dans la cour du palais royal, est destinée à l'abriter. Un pareil

événement ne pouvait manquer d'influencer l'imagination des artistes. Il est naturel que ce motif iconographique fasse son apparition dans l'art religieux au moment même ou la re lique vénérable qu'il rappelle vient d'arriver dans nos contrées, au moment même où on se prépare à l'exposer dans un monumental reliquaire (i).

Les mystères de la Passion qui se jouaient alors avec grand succès sur les théâtres populaires et l'apparition à saint François d'Assise du chérubin en croix qui lui imprima les stigmates ne furent sans doute pas étrangers à cette évolution du crucifix. Le sens du pittoresque chez les artistes, nos imagiers s'il s'agit de la France, les trecentistes s'il s'agit de l'Italie, fit le reste. C'est par ce sens du pittoresque qu'il faut expliquer la disposition nouvelle qui consiste à percer d'un seul clou les deux pieds superposés. Pourquoi un seul clou? Pour un motif purement artistique. On a voulu simplement donner

(i) M. de Mély m'écrit qu'il a trouvé depuis un crucifix du xn* siècle ayant la couronne d'épines, et que, par suite, ce motif est plus ancien qu'il ne le croyait lui-même. De mon côté, je lui signale une fresque de Sant'Urbano, à Rome, où l'on voit un Christ en croix couronné d'épines. M. Ver.turi, qui la reproduit dans son livre sur la Madone, la date du xi* sièc'.e, mais ne fait aucune remarque à son sujet. Si cette date est exacte, et si la trouvaille de M. de Mély se trouve vérifiée, ce ne seront que des cas isolés.

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