LA DEVIATION DE L AXE DES EGLISES
Si l'accord est encore à faire touchant les origines et le vrai caractère du flamboyant, il est parfait en ce qui concerne l'inclinaison du chevet de certaines églises anciennes. L'opinion, récente, qui voyait en cette anomalie de construction un fait voulu, conforme aux idées symboliques du moyen âge, a été définitivement ruinée par M. de Lasteyrie dans le Bulletin monumental de 1905. Depuis, la discussion s'est poursuivie dans cette publication, organe annuel de la Société française d'archéologie, et le principal défenseur de l'explication mystique, M. AnthymeSaint- Paul, a fini par se rendre aux raisons de son adversaire. On peut donc conclure.
Que l'église, avec sa nef, son transept et son chœur, soit l'image de la croix, cela est certain, et nombreux sont les textes anciens qui nous le disent. Que les constructeurs du moyen âge aient voulu, en inclinant le chevet de certaines églises, figurer l'inclinaison de la tête du Christ mourant sur la croix, c'est là une idée romantique, née au début du xixe siècle, que l'on répète depuis bientôt cent ans sans jamais la prouver, et qui a tout contre elle et rien en sa faveur.
Comme elle était ingénieuse, tout le monde, depuis de Saulcy jusqu'à l'abbé Auber, l'a acceptée, même les esprits les plus judicieux, comme MM. Brutails et Emile Mâle. Quicherat n'en a rien dit, et Viollet-le-Duc a fait seulement observer qu'aucune preuve ne venait l'appuyer.
Seuls, se sont prononcés contre, M*r Barbier de Montault et M. Choisy. La paternité de la négation revient même au docte prélat, dont toute la vie fut consacrée aux questions d'art religieux et d'iconographie chrétienne. Ce n'est donc pas une idée de mécréant. Mais M. de Lasteyrie en a fait le premier une thèse en règle rigoureusement documentée, et c'est d'après ses articles surtout qu'il faut l'étudier.
L'argument principal est le silence des liturgistes du moyen âge. « S'il y avait eu
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