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FIG

Phot. Alinari.

MOSAÏQUE DE LA CATHÉDRALE DE CEFALU, SICILE (xile S.)

elle précède son char funèbre; sur l'arc de triomphe de Constantin, elle garnit de ses formes décoratives les écoinçonsde la grande arcade.

Les génies funèbres s apparentent aux Victoires. Sculptés sur les tombeaux dans l'attitude du vol, ils soutiennent de leurs mains l'image du défunt inscrite dans un médaillon. Peints debout sur les murs des hypogées, tel celui de Palmyre, ils supportent de leurs bras levés une couronne où apparaît le portrait du mort. Une tablette en os d'Alexandrie et un diptyque en ivoire de Munich les représentent aussi dans cette attitude.

Nous avons là les prototypes de l'ange. Les artistes chrétiens, en les faisant entrer dans leur répertoire, adaptèrent à un thème religieux une donnée plastique qui lui était étrangère. La Nikè désormais, baptisée et chrétienne, sera l'envoyée de Dieu, car la foi chrétienne, indulgente aux vaincus, adopte les messagères de l'Olympe pour en faire les anges de son Paradis.

Certains monuments ont entre eux une ressemblance telle que la transposition éclate aux yeux. Les anges, par exemple, que l'on voit aux coupoles de Saint-Vital et de Sainte-Praxède ont l'attitude et la

FIG. I I — LES NEUF CHŒURS DES ANGES (Voûte en mosaïque de Saint-Marc de Venise [xne s.]).

ionction des Victoires palmyréniennes, et sur l'évangéliaire d'Etschmiadzin, sur un ivoire du Vatican, sur le diptyque de Murano, sur un des murs de Saint-Vital, ils jouent le même rôle que les génies funèbres sculptés sur les tombeaux. La parité entre les images païennes et les exemples chrétiens oblige à croire que nos artistes du ve siècle travaillaient de recette d'après les modèles créés par l'antiquité (fig. 6 et 9).

Entre les deux se placent, s'intercalent toute une série d'œuvres intermédiaires qui paraissent avoir opéré la transition. Ce sont les pierres gravées, des jaspes,

d'origine gnostique, où l'on voit des anges ailés et nimbés, porteurs de palmes et de couronnes, qui sont la reproduction exacte d'une statue de la Victoire, et un Mercure au caducée, coiffé du pétase ailé, avec la légende MICHAEL. Il semble d'après cela que ce soient les gnostiques qui, en pénétrant les idées païennes de notions chrétiennes, en les combinant hardiment entre elles, ont joué le rôle d'intermédiaire, et que c'est par eux que le type de la Victoire est entré définitivement dans le recueil des mosaïstes et des miniaturistes chrétiens. Une survivance de cette même pénétration païenne nous explique pour-

LES ANGES

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