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INTERIEUR DU ROSAIRE DE LOURDES

A la même tradition se rattachent trois autres monuments d'une importance exceptionnelle : Notre-Dame de la Garde à Marseille, la cathédrale de Marseille et le Rosaire de Lourdes.

Notre-Dame de la Garde et la cathédrale de Marseille sont dues au même architecte, Léon Vaudoyer, qui en a tracé les plans. Vaudoyer étant mort en 1872, toutes deux ont été achevées par Henri Espérandieu, qui a dirigé le gros-œuvre, et Henri Revoil, à qui est due la décoration. Malgré cette communauté d'origine, elles ont une physionomie bien distincte.

La nouvelle cathédrale de Marseille, surnommée La Major comme l'ancienne qu'elleremplace, a été commencée en i852 et terminée en 1903. Elle ouvre donc la série romano-byzantine et remplit toute la période que nous étudions ici. Longue de 140 mètres, dix de plus que Notre- Dame de Paris, elle a la forme d'une croix latine avec trois nefs, transept, chœur et abside à chapelles rayonnantes.

PAGES D'ART CHRÉTIEN (3e SERIE)

Les travées de la nef ont des voûtes en croisées d'ogives, bombées, mais c'est une coupole qui surmonte la croisée du transept, et des coupoles secondaires l'accompagnent sur les croisillons, le chœur et la chapelle de la Vierge. De vastes tribunes surmontent les bas côtés. Un porche cintré troue la façade. Sa caractéristique est dans l'appareil de couleur qui prend une assise sur deux ou trois, ce qui lui donne un air de parenté avec Notre-Dame du Puy, sa véritable aïeule. Sans avoir l'intérêt de la nouveauté, c'est d'un romano-byzantin assez libre pour mériter l'attention.

Plus intéressante encore, bien que moins importante, la vaste rotonde à plan tréflé, bâtie à Lourdes par M. Hardy. Conçue comme une église souterraine afin de servir de piédestal àla basilique supérieure, elle est constituée par une immense calotte sphérique, trouée à sa base d'une ceinture lumineuse d'oculi, que des culsde-four flanquent sur trois côtés. Cette

disposition et l'introduction à l'intérieur des contreforts, selon la méthode méridionale, a permis la suppression du contrebutement extérieur en même temps que la distribution cinq par cinq, en des chapelles formant déambulatoire, des quinze mystères du Rosaire. Sorte de crypte, en réalité, aplatie sur le sol pour une nécessité de perspective, simple partie d'un ensemble qui comprend avec elle une basilique et une sorte de colonnade en hémicycle dont elle est le point de départ, il faut la prendre comme telle pour bien la juger. C'est une belle conception. Malheureusement, sa décoration est loin de mériter les mêmes éloges .

Cette louable construction eût mérité que l'on confiât sa parure à des mains moins inexpertes . Les mosaïques dont on la recouvre font penser à quelque belle personnequ'un grand couturier sans goût aurait vêtue d'étoffes vulgaires.

Avec un pareil décor, elle ne plaira bientôt plus qu ' aux architectes qui, seuls, sauronten voir sous l'habit commun la belle ossature intime.

Il y a une certaine parenté, comme plan sinon comme élévation, entre elle et la basilique de Sainte-Clotilde bâtie à Reims, en 1898, par M. Alphonse Gosset. Son auteur, qui a beaucoup étudié les coupoles d'Orient dont il a fait de beaux relevés pour un de ses ouvrages, a voulu remettre en honneur, en les modernisant, les anciennes rotondes à autel central. Il s'y est montré novateur plein de goût. Sa

PLAN PAR TERRE DE SAINTE-CLOTILDE DE REIMS (Architecte : Gosset, 1898.)

basilique a la forme d'une croix grecque établie de telle sorte que la coupole centrale s'élève sur quatre demi-coupoles.

L'étayement est donc parfaitement assuré sans le secours d'aucune béquille, et l'impression à la fois mystique et grandiose de Sainte-Sophie se retrouve. Le fidèle, en effet, dès l'entrée, saisit d'un coup d'œil tout l'édifice jusqu'au point ultime de la coupole où, comme au ciel dont elle est l'image, plane le Christ Pantocrator. A l'intérieur, l'architecte a supprimé toutes les moulures ordinaires :

corniches , arcatures , bandeaux , archi voltes, pour laisser tout le rôle décoratif à la peinture qui ne sera ainsi arrêtée par aucune saillie .

L'avantage, en attendant,estl'absence de toute formule architectonique connue. J'ose espérer seulement que la peinture prévue ne sera pas celle qu'indiquent les maquettes actuelles clouées sur les murs. A l'extérieur, il a, s'inspirant très heureusement de la porte voûtée en éventail de la mosquée Medjidis-Schah, à Ispahan, établi un porche semi-circulaire concave. Ce portail, voûté en conque sphérique, donne la seule façade qui soit vraiment harmonique avec les constructions de ce genre. Elle manquait aux monuments byzantinscommeelle manque à Saint-Pierre de Rome, dérivé en cela du Panthéon d'Agrippa transformé par Auguste. A cause de la pénurie d'argent, Sainte-Clotilde est exécutée en pierre meulière et brique. La pierre taillée n'in-

DU NEC-SOTHIQUE AU MODERNE

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tervient que rarement, par exemple, aux meneaux des fenêtres. Des lits de briques rouges mettent sur l'extérieur une jolie note de couleur. Mais ce plan se prête aux plus riches conceptions comme aux plus modestes. M. Gosset l'a prouvé lorsqu'il a présenté, inutilement d'ailleurs, un projet semblable, mais d'une extrême richesse et plus vaste, pour la cathédrale

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Saint-Jean le Divin, à New-York,

A ces trois séries d'églises néogothiques, néo-romanes, néo-byzantines, il faut ajouter, pour en faire mention, celles qui se rattachent au style Renaissance.

A Paris, Saint-Augustin, bâti en 1 860-1 871, par Baltard, et la Trinité,

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