‹ Pages d'art chrétien (volume 5)Chapitre 31 sur 34 · PLAN EN ELEVATION DE SAINTE-CLOTILDE DE REIMS · texte numérisé non relu

PLAN EN ELEVATION DE SAINTE-CLOTILDE DE REIMS

élevéeparBallu,en 1 861-1867; en province, Sainte-Anne d'Auray, suffisent à montrer ce que peut donner le choix de cette tradition. Les deux églises parisiennes sont à louer pour leur physionomie originale, d'un pittoresque harmonieux, qui les rend très décoratives et en parfait accord avec l'élégance des rues avoisinantes. Dans la première, il faut féliciter l'architecte de la façon judicieuse dont il a employé le fer. Celui-ci, utilisédans les différents éléments delà charpente, colonnes engagées et arcsdoubleaux, se combine très heureusement avec la pierre pour former, sans aucune tricherie, un ingénieux assemblage à la fois solide et léger.

Malgré Tassez parfaite réussite de ces églises, la tradition qu'elles restauraient n'a pas eu de suite. Elle est trop brillante, et, disons le mot, trop mondaine, pour porter dans ses flancs l'avenir de nos églises. J'en dirai autant des styles postérieurs, de Louis XIV à Louis XVI, malgré l'admiration que je ressens pour les créations personnelles de Mansart, la chapelle royale de Versailles et l'église du dôme des Invalides, et pour le Val-de-Grâce.

Unechapelle récente, la Chapelle Expiatoire du Bazar de la Charité élevée rue Jean Goujon, à Paris, à la suite de la terrible catastrophe du 4 mai 1 897, en est la preuve. Les plans, dressés par l'architecte Guilbert, le même qui a dessiné en 1903 la chapellearméniennevoisine, sont inspirés de notre style LouisX VI. Riche et luxueux, traité avec un talent incontestable, ce morceau d'architecture, à l'intérieur surtout, évoque plutôt l'idée d'un palais que d'un oratoire. Et l'oratoire ici est un tombeau douloureux. La méprise est donc double. Plus de simplicité, de grandeur austère et de calme recueilli eussent été de mise : toutes choses qui ne vont guère avec notre architecture du xvme siècle, laquelle se ressentira toujours de ses origines civiles, évocatrices de richesse et de plaisir.

Les trois premières parties de cette étude

n'épuisent pas la liste des églises modernes inspirées de notre moyen âge. Un relevé complet devrait en comprendre beaucoup d'autres, mais nous ne nous occupons ici que de celles qui comptent. Des églises gothiques, comme celle de Vais (Ardèche), ou romanes, comme Sainte-Perpétue et Saint-Baudile de Nîmes, sont légion. Les dénombrer serait de nul intérêt, comme seraient sans portée de simples monographies des autres. Ces autres, les intéressantes, ne sont pas non plus sans doute toutes ici. On voudra bien excuser les lacunes, en considération de la difficulté; mais les principales y paraissent, et elles étayent suffisamment les idées générales dont cet article est fait. Des exemples plus nombreux n'ajouteraient pas grand'chose. En voici cependant neuf autres, dont trois hors série, qui vont nous permettre quelques remarques utiles.

A Saint-Etienne de Niort, M. Boutaud a réalisé une église gothique qui, au moins dans certaines parties, les piliers, le triforium et les grandes arcades, révèle une certaine fantaisie. C'est de cela qu'il convient de le louer et non de la « pureté de style », comme le fait la notice de l'endroit.

Le même architecte, passant les mers comme autrefois les maîtres maçons de nos croisés, a édifié à Bethléem, dans le couvent du Carmel, une autre chapelle très parente de celle-là, où piliers de pierre blanche et colonnettes au fût de marbre rouge se combinent pour former un ensemble très agréable à voir.

Non loin de là, à Jérusalem, un religieux français, le P. Etienne, a construit la chapelle de Notre-Dame de France dans un sentiment très voisin. C'est d'un gothique neuf, intelligemment renouvelé; et M. Flandrin, héritier d'un grand nom, en a décoré les murs. Dans le même couvent, la chapelle du Purgatoire, à trois nefs, avec ses voûtes en calotte, son appareil alterné et ses corbeaux sculptés à la naissance des arcs, montre, avec des influences plus mêlées, un désir plus

Phot. Mamert.

CHAPELLE DE NOTRE-DAME DE FRANCE A JERUSALEM ' (Architecte : P. Etienne, iqoo.)

Phot. B. P.

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