‹ Pages d'art chrétienChapitre 108 sur 142 · FIG. 297 — LA. VIERGE DE FOLIGNO · texte numérisé non relu

FIG. 297 — LA. VIERGE DE FOLIGNO

jeunes mères d'une beauté toute terrestre, on hésitera toujours à reconnaître la Mère de Dieu, et, devant elles, il sera toujours permis de regretter les irréelles créations d'un Fra Angelico, infiniment plus chargées d'émotion religieuse.

Je crois inutile de parler peinture à propos des Vierges de Raphaël. Cette question, d'ailleurs, ne se pose guère, à ce qu'il me semble. C'est à peine si quelquesunes, comme la Vierge de saint Sixte, sont de la main du maître. La plupart ont été peintes par ses élèves et il en a fourni seulement le dessin. La Vierge au Baldaquin, laissée en route par l'artiste, fut achevée en 1697 et agrandie polir faire pendant à un autre tableau. La Sainte Famille Canigiani, par contre, est tronquée et ne possède plus le chœur d'anges qui la surmontait primitivement.

La Vierge Esterha^y n'est qu'ébauchée. La Vierge au Chardonneret fut mise en pièces en 1547 par le tremblement de terre : on en recueillit les morceaux sous les ruines du palais de Nasi, et quelque artiste la reconstitua.

La Vierge au Joseph imberbe a été tellement repeinte à diverses reprises qu'elle est de tout le monde, sauf de Raphaël. Dix ont étéentoilées, c'est-à-dire que la peinture a été transportée du bois sur la toile. Toutes ont subi des restaurations. Celles-ci ont parfois introduit des éléments nouveaux. Ainsi la rose qui a donné son nom à la Sainte Famille à la Rose est une addition moderne. Si on ajoute à cela que les cinq premières, appartenant à la période ingénue de l'artiste, n'ont aucun intérêt pictural, on verra à quoi se réduit la question peinture.

.M. Louis Gillet a donc pu écrire : Presque aucune d'entre elles n'est l'ouvrage du

peintre Peu de Raphaëls sont plus célèbres que la « Vierge au Poisson » et la

« Perle ». Ik sont navrants. Comme œuvres d'art, ils ne comptent plus: ils ont esthétiquetîient la valeur de copies.

Ils n'ont même pas cette valeur. Car, qui dit copie dit original. Et ici, l'original peint n'a jamais existé. L'original est une maquette, un dessin. La peinture est un travail d'élève. Et celle-ci a toujours été, dans le cours des siècles, remise à neuf par quelque restaurateur. Tous les grands travaux de Raphaël en sont là.

Ainsi, les peintures des Stan^e, déjà bousillées par Sébastien del Piombo, au dire de Titien indigné, en 1546, éidAeni presque invisibles au dire de Goethe déçu, en 1787. Or, on les voit fort bien aujourd'hui. La couleur de Raphaël est donc un

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