FIG. 30I — LA SAINTE FAMILLE DE FRANÇOIS
Louvre, que Rubens et Rembrandt ont copié et dont les gris veloutés, les noirs soyeux et les neutres fins arrachaient des cris d'admiration au révolutionnaire Courbet soudain converti, on ne peut que pleurer que Raphaël ait ainsi renoncé à l'exécution de ses cartons. Mais c'était alors une tradition de la peinture, et qui remontait à Giotto.
D'où l'importance et l'intérêt des maquettes. La maquette de la Vierge d'Albe est à la sacristie de Saint-Jean de Latran, à Rome, et celle de la Vierge Tempi, au musée Fabre, de Montpellier. Ce sont de précieuses reliques, plus révélatrices du peintre que les tableaux correspondants.
Les Madones de Raphaël sont donc à étudier comme des modèles de composition seulement. Tout leur charme vient du rythme des lignes et de l'arabesque du dessin. L'auteur est un pur dessinateur. Aussi une bonne reproduction suffit-elle pour les étudier. Aujourd'hui, des éditions de luxe permettent cette étude directe, indispensable pour les œuvres d'art. L'Allemagne en possède une depuis longtemps. En France, elle n'existe que depuis 1909. Publiée par la maison Hachette, celle-ci reproduit tout l'œuvre de Raphaël en 275 reproductions, suivies d'un catalogue raisonné. Les 46 Madones du maître y sont disséminées. C'est d'après cet album surtout que ce chapitre a été fait, après qu'on a eu consulté les meilleurs travaux parus, entre autres ceux de Gruyer, de Mûntz et de Louis Gillet.