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FIG. 54 — COUPOLES DE SAINT-FPONT DE PÉRIGUEUX

déconcerter. Il est en effet élémentaire qu'une surface sphérique ne se marie qu'avec un arc en plein cintre. Pour avoir voulu l'unir à l'arc brisé, nos constructeurs se sont heurtés à des difficultés techniques inconnues des Orientaux, et dont ils n'ont jamais pu trouver la solution. De là ce gauchissement des arcs, cette courbure des claveaux et autres procédés que M. Phéné-Spiers a si bien analysés. Pourquoi nos architectes, écartant l'arc en plein cintre, seul logique, employèrent-ils l'arc brisé? Parce que, dit Michel Dansac, l'arc en plein cintre avait alors disparu comme organe de construction, pour faire place à l'arc en tiers-point. .Mais cela nous donne une date peu éloignée, moins éloignée que celle de nos premières coupoles! Et il me vient une autre réponse : Parce que nos architectes prirent l'idée de la coupole à ces églises de Chypre, où elle se trouve déjà associée à l'arc brisé. Nous retombons ainsi dans la thèse de M. Enlart, thèse que M. Dansac, lui aussi, ignore ou feint d'ignorer.

D'après M. Besnard, les architectes méridionaux auraient fait tout d'abord reposer les calottes sphériques sur des pendentifs. Au début, ils les firent indépendants des arcs-doubleaux et ne leur donnèrent leur courbure qu'au-dessus de l'extrados. Puis on remédia aux inconvénients en faisant participer les arcs-doubleaux à la courbure des pendentifs. La clé se trouvant gauche, on imagina de surélever la plate-forme de plusieurs assises, formant une contre-courbe. Un tracé nouveau assura le cercle parfait au niveau de l'intrados des arcs-doubleaux, dont la clé se trouvait ainsi dans un plan vertical. La plupart des pendentifs ont dû être construits avec des pierres épannelées que l'on a ravalées après la pose : cela seul explique à la fois leur forme étrange, indéfinissable géométriquement, et leur régularité.

Bien que l'on fût arrivé à construire des pendentifs dans de bonnes conditions, les préférences des architectes méridionaux allèrent vers la trompe, plus facile à construire, et qui admettait entre autres variétés le simple encorbellement.

La calotte suit une évolution parallèle : d'abord demi-sphérique, puis ovoïde, ensuite octogonale, elle se transforme en voûte en arc de cloître. C'est l'emploi de la trompe qui amena la forme octogonale, pour un besoin d'homogénéité entre le plan polygonal du support et celui de la calotte. La coupole sur trompes serait donc la vraie solution française.

Pour obtenir l'effet séduisant des coupoles byzantines, les maîtres maçons français élevèrent des tambours intermédiaires qu'ils percèrent d'ouvertures, mais ils échouèrent dans cette tentative. En continuant son évolution, la coupole donna naissance à la voûte en arc de cloître nervée. Cette coupole à nervures est l'acheminement vers la voûte domicale, qui marque la fin des tentatives infructueuses de nos architectes.

Tel est le processus logique imaginé par M. Besnard. Qu'on s'arrête à ce classement ou à un autre, basé davantage sur les dates connues, nos maîtres d'oeuvre en étaient là de leurs recherches quand la croisée d'ogives, complétée bientôt par l'arc-boutant, se présenta à leur esprit comme la seule solution satisfaisante. Aussitôt ils l'adoptèrent. Sans elle, nous marchions vers une architecture à coupoles, d'apparence et aussi, je crois, d'origine orientales. La nouvelle invention, française celle-là, allait permettre enfin d'atteindre le résultat rêvé. Pour la voûte sur croisée d'ogives, ils délaissèrent donc la coupole, comme ils avaient délaissé les autres modes de voùtement. Elle ne devait reparaître, modifiée, qu'au xvi« siècle, avec Brunelleschi et Michel-Ange, et au xvii% chez nous, avec Mansart.

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